France-Les "aubrystes" bientôt en marge de la direction du PS

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    * Premier Bureau national du PS après la tribune dans Le 
Monde 
    * Martine Aubry veut "sortir de la direction" du parti 
    * Les socialistes saluent le geste de Valls sur la loi El 
Khomri 
 
 (Actualisé avec début du Bureau national) 
    PARIS, 29 février (Reuters) - Le Bureau national du Parti 
socialiste s'est réuni lundi soir en l'absence de Martine Aubry 
dans un contexte interne tendu par la publication la semaine 
dernière d'une tribune de la maire de Lille, qui veut quitter 
les instances dirigeantes du parti. 
    Quatre jours après avoir publié dans Le Monde un texte au 
vitriol contre le gouvernement, notamment hostile à la loi de 
réforme du travail de la ministre Myriam El Khomri, 
l'ex-première secrétaire a déclaré au Journal du dimanche son 
intention de "sortir de la direction" du PS.    
    L'un de ses lieutenants, François Lamy, a précisé que 
"quatre ou cinq secrétaires nationaux" quitteraient la 
direction, selon des modalités discutées la semaine prochaine 
avec le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.  
    Martine Aubry et ses partisans devraient en revanche rester 
membres au Bureau national, instance où sont représentées toutes 
les sensibilités du mouvement.   
    "Nous serons toujours à l'intérieur du Parti socialiste, du 
bureau national du PS", a expliqué François Lamy lundi matin sur 
France Inter. "On ne souhaite pas du tout que ça se passe avec 
douleur, c'est la conséquence politique, logique d'un désaccord 
mais surtout l'impression d'un manque d'utilité par rapport aux 
propositions qu'on a pu faire." 
    Le camp "aubryste" et l'aile des "frondeurs", la plus à 
gauche du PS, souhaitent notamment une réorientation des 13 
milliards d'euros d'aides aux entreprises qui restent à accorder 
dans le cadre du Pacte de responsabilité. 
     
    "PETITE TAMBOUILLE POLITICIENNE" 
    Pour des ténors socialistes comme Jack Lang, la tribune du 
Monde, signée par 17 personnalités dont l'écologiste Daniel 
Cohn-Bendit, s'apparente à "un coup de poignard dans le dos". 
Dans un entretien publié dimanche dans Le Parisien, l'ancien 
ministre évoque une "sorte de suicide collectif".  
    Dimanche sur RMC et BFM TV, Jean-Christophe Cambadélis a 
tenté de calmer le jeu, repoussant l'idée de deux camps 
"irréconciliables" décrits par le Premier ministre, Manuel 
Valls.  
    "Je vais essayer de faire en sorte que nous nous 
retrouvions", a dit le patron du PS, pour qui "la grande 
question qui est posée, c'est comment être socialiste et de 
gauche."   
    Le premier secrétaire a lui-même demandé une réorientation 
de la loi sur le Travail de Myriam El Khomri, qui viendra s'en 
expliquer la semaine prochaine devant le BN du PS.  
    Face à la fronde, et alors qu'une pétition en ligne contre 
cette loi a dépassé les 780.000 signatures, Manuel Valls a fait 
lundi un geste en direction des contestataires.  
    Prêt à "corriger ce qui doit l'être'" dans ce texte 
controversé, le Premier ministre a annoncé le report au 24 mars 
de son examen au conseil des ministres.   
    Une décision saluée par les participants au Bureau national. 
    "C'est une victoire de tous ceux qui se sont mobilisés, à 
commencer par les organisations syndicales", a dit François 
Lamy. Le député Yann Galut a évoqué un "recul du Premier 
ministre qui était complètement nécessaire".  
    "Quand c'est de la concertation, ce n'est pas du 
cafouillage", a renchéri l'ex-ministre du Travail, François 
Rebsamen.  
    Le report "est une bonne chose", a estimé le sénateur Luc 
Carvounas. "Quand il y a une crispation, il faut s'arrêter car 
les enjeux sont importants", a ajouté l'élu "vallsiste", avant 
de donner quelques coups de griffe à la maire de Lille.  
    "Vous croyez que les Français aujourd'hui veulent savoir où 
vont être les amis de Martine Aubry au sein du Bureau national 
du parti ? A quelle place ils vont s'asseoir ? Ce qu'il 
attendent de nous, c'est qu'on avance sur la problématique du 
chômage et de l'emploi".    
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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