France-Les arrêtés anti-burkini s'étendent aux Bouches-du-Rhône

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    MARSEILLE, 23 août (Reuters) - Après des élus des 
Alpes-Maritimes, de Corse et du Pas-de-Calais, trois maires des 
Bouches-du-Rhône ont pris un arrêté municipal interdisant le 
port du burkini sur les plages de leur commune, a-t-on appris 
auprès des municipalités concernées.  
   Les villes balnéaires de Cassis et de la Ciotat ont 
télétransmis mardi en préfecture un arrêté contre l'usage de ce 
vêtement de bain couvrant tout le corps, conçu pour les femmes 
musulmanes. Une mesure similaire avait été prise vendredi 
dernier aux Saintes-Maries-de-la-mer. 
   La maire Les Républicains de Cassis, Danielle Milon, justifie 
sa démarche par "l'émoi et l'inquiétude" de la population après 
les attentats perpétrés cet été, notamment à Nice, "par des 
individus revendiquant des mobiles religieux" et encourageant 
"les adeptes d'une radicalisation religieuse violente". 
   "L'un des indices de cette radicalisation violente est 
constitué par des comportements de différenciation explicites, 
notamment dans le domaine vestimentaire, et particulièrement 
dans le domaine des tenues de bains", dit l'arrêté dont Reuters 
a obtenu une copie. 
   Cet arrêté, qui s'applique jusqu'au 30 octobre à minuit, a 
été pris en raison des "risques de troubles à l'ordre public" 
susceptibles d'être générés par la présence sur les plages de 
femmes portant un burkini. 
   La mairie de Cannes avait pris dès le 27 juillet un arrêté 
qui ne vise pas seulement le burkini mais aussi le port du 
voile.    
   Une demi-douzaine d'autres élus ont suivi son exemple après 
des heurts attribués à un différend (à tort selon la justice) 
sur le burkini à Sisco, en Haute-Corse.   
   Le Premier ministre, Manuel Valls, a soutenu ce choix d'un 
certain nombre de maires français, tout en excluant de légiférer 
sur le sujet. 
   Le tribunal administratif de Nice a rejeté lundi une nouvelle 
demande de suspension d'un arrêté "anti-burkini" pris par la 
mairie de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). 
   Déjà saisie il y a une dizaine de jours pour un arrêté du 
maire de Cannes, la juridiction niçoise avait alors rendu une 
décision allant dans le même sens, confortant les municipalités 
ayant interdit le port de vêtements religieux sur les plages. 
   Mais la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Collectif 
contre l'islamophobie en France (CCIF), qui jugent les mesures 
anti-burkini liberticides et discriminatoires, ont fait appel 
devant le Conseil d'Etat. 
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Gérard Bon et Emmanuel 
Jarry) 
 
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  • janaliz il y a 3 mois

    Je pense que l'arrêté et les attendus du maire de Cassis résument parfaitement la situation et le pourquoi du comment des choses...