France-Les arrêtés anti-burkini divisent le gouvernement

le , mis à jour à 20:00
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    * Vallaud-Belkacem et Touraine prennent leurs distances 
    * Valls redit son soutien aux arrêtés, Hollande ne tranche 
pas 
    * Le Conseil d'Etat appelé à se prononcer vendredi 
    * Sarkozy demande une loi d'interdiction nationale 
 
 (Actualisé avec Hollande, Conseil d'Etat, Sarkozy) 
    PARIS, 25 août (Reuters) - La polémique sur le burkini a 
continué jeudi d'exacerber les tensions en France et divisé le 
gouvernement, dont plusieurs membres ont pris leurs distances 
avec la multiplication des arrêtés d'interdiction soutenus par 
Manuel Valls.  
    Sans trancher le débat, François Hollande a indirectement 
évoqué la question en marge d'une réunion de sociaux-démocrates 
européens dans les Yvelines, en appelant tous les citoyens à "se 
conformer aux règles", sans "provocation ni stigmatisation".  
    Le débat enfle depuis fin juillet. Au nom de risques de 
troubles à l'ordre public, plusieurs dizaines de maires, la 
plupart de droite, ont pris des arrêtés interdisant cette tenue 
de bain couvrante, utilisée par des musulmanes pratiquantes.  
    Le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative 
française, se prononcera vendredi à 15H00 (13H00 GMT) sur une 
demande de suspension en urgence de l'un de ces arrêtés, pris 
par la mairie de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes).   
    La prolifération des arrêtés anti-burkini "n'est pas 
bienvenue", a estimé sur Europe 1 la ministre de l'Education 
nationale, Najat Vallaud-Belkacem. "Jusqu'où va-t-on pour 
vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes moeurs ?"  
    "Je pense qu'il y a une dérive qui est dangereuse, une 
dérive politique, puisque ces arrêtés ont été pris par des 
responsables politiques", a-t-elle ajouté, tout en déplorant que 
cela "libère la parole raciste".    
     
    DÉSACCORDS AU PS ET AU GOUVERNEMENT 
    Dans un texte publié sur son site internet, la ministre de 
la Santé Marisol Touraine a lancé pour sa part une mise en garde 
contre une "polémique de tous les dangers". 
    "Faire comme si, en se baignant voilée ou en restant 
habillée sur une plage, on menaçait en soi l'ordre public et les 
valeurs de la République, c'est oublier que ces valeurs doivent 
précisément permettre à chacun de ne pas renier son identité", 
dit-elle. "La laïcité (...) ne doit pas devenir le fer de lance 
d'une stigmatisation dangereuse pour la cohésion de notre pays." 
    Le Premier ministre a pour sa part réaffirmé son soutien aux 
arrêtés anti-burkini : "Ils ont été pris à un moment donné, dans 
des plages du sud de la France, quelques jours après les 
attentats de Nice dans un contexte particulier", a dit Manuel 
Valls sur BFM TV, récusant le terme de "dérive". 
    Quant à la libération de la parole raciste évoquée par sa 
ministre de l'Education nationale, il a estimé que c'était "une 
mauvaise interprétation", car "ces arrêtés ont été pris au 
nom-même de l'ordre public".  
    Une mise au point critiquée par le député socialiste 
"frondeur" Yann Galut qui l'a accusé sur Twitter de "diviser les 
Français, la gauche" et son propre gouvernement.  
    Quant à la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, elle a déploré 
une "hystérie médiatique et politique qu'il faut arrêter".  
    Les arrêtés anti-burkini, largement soutenus à droite, 
nourrissent dans la communauté musulmane la crainte d'une 
stigmatisation. Le président du Conseil français du culte 
musulman (CFCM) a ainsi été reçu mercredi à sa demande par le 
ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui lui a assuré que 
les principes de l'État de droit seraient respectés.  
     
    PRÉ-CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE 
    Les arrêtés doivent être appliqués "avec discernement", a 
insisté Manuel Valls sur BFM TV : "On ne peut pas accepter le 
prosélytisme mais on ne peut pas accepter l'humiliation non 
plus. Tout ce qui peut apparaître comme une stigmatisation, une 
volonté de s'en prendre à l'islam est évidemment condamnable."   
  
    Diffusées sur internet, des photographies de policiers 
municipaux verbalisant une femme voilée sur une plage de Nice et 
semblant l'inviter à ôter sa tunique ont envenimé la polémique. 
Le procureur de Nice a ouvert une enquête préliminaire après que 
des menaces ont été proférées sur la toile à leur encontre. 
    La polémique s'est également invitée dans la pré-campagne 
pour l'élection présidentielle de 2017 
    A droite, Nicolas Sarkozy a ainsi salué les arrêtés 
d'interdiction et dit voir dans le port du burkini une 
"provocation" et un "recul de la République".  
    Lors de son premier meeting de candidat à l'élection 
présidentielle de 2017, à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), 
l'ex-chef de l'Etat a demandé une loi interdisant le burkini sur 
tout le territoire national.   
    A gauche, Cécile Duflot, candidate à la primaire d'Europe 
Ecologie-Les Verts a au contraire dénoncé un risque "de guerre 
de tous contre chacun", et le co-fondateur du Parti de Gauche, 
Jean-Luc Mélenchon, a appelé à ne pas stigmatiser les musulmans. 
    "Nous sommes face à une offensive politique de l'islamisme, 
nous ne sommes pas dupes", a-t-il dit sur France 2. Mais "ce qui 
ne va pas aujourd'hui, c'est qu'on a l'impression qu'on montre 
du doigt sans cesse l'islam." 
    Cette polémique est regardée avec consternation à 
l'étranger. "Personne ne devrait dicter aux femmes ce qu'elles 
doivent porter, un point c'est tout", a ainsi jugé le maire de 
Londres, Sadiq Khan, dans le quotidien Evening Standard. "Je ne 
dis pas que nous sommes parfaits, mais l'une des joies de 
Londres c'est que nous tolérons non seulement la différence, 
mais nous l'intégrons et nous la célébrons."  
 
 (Marine Pennetier, avec Michel Rose, Simon Carraud et Chine 
Labbé, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • dbourge4 il y a 3 mois

    Les ministres ou responsables politiques feraient mieux de s'occuper de ce qui est essentiel pour les français. Le port du burkini est un problème sanitaire et de sécurité. De sécurité car si on peut aller à la plage ou à la piscine en burkini, n'importe qui peut aller à la plage ou à la piscine avec ces habits de la vie courante avec des armements de tu peux armes blanches ou autres.De type sanitaire car si on peut aller en burkini, le clochard peut y aller avec sa tenue vestimentaire !!