France-Les anti-déchéance de nationalité en appellent à la base

le
0
    PARIS, 29 décembre (Reuters) - Les opposants socialistes à 
la déchéance de la nationalité française pour faits de 
terrorisme en appellent à la base du PS contre le Premier 
ministre, Manuel Valls, qui défend contre vents et marées ce 
projet de révision constitutionnelle. 
    Quatre cadres du Parti socialiste, dont deux membres de son 
"parlement", le conseil national, Mathieu Pouydesseau et Gérald 
Elbaze, et un vice-président de sa commission nationale des 
conflits, Arnaud Delcasse, ont annoncé lundi soir qu'ils avaient 
saisi la Haute autorité éthique du parti. 
    "Nous avons jugé que Manuel Valls, par ses propos réitérés 
sur le fond et la forme, s'était mis hors des principes mêmes du 
Parti socialiste", expliquent-ils dans un communiqué. 
    La pétition de soutien à leur initiative, lancée sur un site 
internet intitulé "Pas au nom des socialistes", avait recueilli 
mardi matin près de 240 signatures. 
    Le projet d'inscription dans la Constitution de l'extension 
de la déchéance de nationalité aux binationaux nés français et 
coupables d'actes de terrorisme est en "parfaite contradiction" 
avec la déclaration de principe du PS, estiment ces cadres. 
    Cette mesure, soutenue par la majorité de la droite, saluée 
par l'extrême-droite mais dénoncée par la gauche de la gauche, 
divise le PS.  
    Des figures du parti comme les anciens Premiers ministres 
Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault, l'ex-ministre Benoît Hamon 
ou la maire de Paris Anne Hidalgo ont aussi dit leur opposition 
à cette disposition annoncée par François Hollande à la suite 
des attentats du 13 novembre à Paris. 
    Manuel Valls leur a répondu dans le Journal du Dimanche en 
estimant qu'une partie de la gauche s'égarait "au nom de grandes 
valeurs en oubliant le contexte". Et il a de nouveau défendu le 
projet gouvernemental lundi sur Facebook.  ID:nL8N14H1F8  
    "Comment peut-on dire que priver de la nationalité française 
des terroristes condamnés serait une idée d'extrême-droite ?" 
s'est insurgé le Premier ministre dans ce message. 
    La Haute autorité éthique du PS est présidée par l'avocat 
Jean-Pierre Mignard, proche du président François Hollande. 
    Il avait pour sa part dénoncé vendredi sur son compte 
twitter une "régression".  
    Invité mardi matin sur Europe 1, il a estimé qu'une révision 
constitutionnelle n'était pas nécessaire et a invité le 
gouvernement à réécrire son projet de loi de façon à ne pas 
"stigmatiser" les 3,3 millions de binationaux français. 
    Il s'est dit en faveur d'une peine d'indignité nationale 
plutôt qu'à l'extension de la déchéance de nationalité, dont il 
craint qu'elle puisse être "utilisée demain par des gens ayant 
d'autres intentions plus perverses". 
    Jean-Pierre Mignard a cependant averti que la Haute autorité 
éthique du PS n'avait pas compétence "a priori" pour statuer sur 
le fonctionnement des pouvoirs publics. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant