France-Léger recul des inégalités de patrimoine entre 2010 et 2015

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    PARIS, 7 novembre (Reuters) - Les inégalités de patrimoine 
se sont légèrement réduites en France entre 2010 et 2015 mais 
dans le même temps la situation des ménages les moins dotés 
s'est détériorée, selon une étude de l'Insee publiée lundi.  
    Début 2015, la moitié des ménages vivant en France 
déclaraient un patrimoine brut (actifs immobiliers, financiers, 
actifs professionnels pour les indépendants, biens durables et 
objets de valeur) supérieur à 158.000 euros. 
    Aux extrêmes par rapport à ce chiffre médian, les 10% de 
ménages les mieux dotés en termes de patrimoine possèdent au 
minimum 595.700 euros d'actifs, tandis que les 10% de ménages 
les plus modestes disposent au maximum de 4.300 euros, soit 139 
fois moins.    
    Ces inégalités de patrimoine sont nettement plus marquées 
que celles observées pour les revenus, souligne l'Insee en 
précisant qu'"en 2014, le revenu maximal des 10% de ménages les 
plus modestes est 4,6 fois moins élevé que le revenu minimum des 
10% les plus aisés."  
    Sur la période prise en compte, le patrimoine brut des 
ménages reste majoritairement composé de biens immobiliers (à 
61% début 2015), dont la valeur est principalement concentrée (à 
85%) sur la résidence principale. 
    La répartition de la masse totale de patrimoine brut est 
sans surprise déséquilibrée, avec une concentration importante 
au niveau des ménages les plus aisés. Ainsi, début 2015, les 10% 
de ménages les mieux dotés concentrent 47% du patrimoine brut 
total, tandis que les 10% les plus modestes n'en détiennent que 
0,07%.     
    Hors véhicules, biens d'équipement de la maison, bijoux et 
oeuvres d'art, les déséquilibres de patrimoine ont légèrement 
diminué au cours de la période étudiée, observe l'Insee. 
L'indice de Gini, qui mesure les inégalités, est ainsi passé de  
0,662 début 2010 à 0,653 début 2015 pour l'ensemble des ménages. 
    "Cependant, la situation relative des ménages en bas de 
l'échelle des patrimoines s'est détériorée entre début 2010 et 
2015", peut-on lire dans l'étude de l'Insee. Le patrimoine moyen 
de cette population - principalement détenu sous forme de 
comptes-chèques et de livrets d'épargne réglementée - a fondu de 
30,2% entre 2010 et 2015, précise l'institut. 
    Dans le même temps, les inégalités se sont nettement accrues 
au sein de cette catégorie, l'indice de Gini atteignant 0,684 
début 2015 contre 0,523 début 2010.  
    Si le contexte de taux bas a pesé sur l'épargne des ménages 
les plus modestes, il a facilité l'accès des ménages les plus 
jeunes à la propriété, moyennant une progression du poids de 
l'endettement dans leur patrimoine. 
    En cinq ans, la part de l'immobilier dans le patrimoine des 
moins de 30 ans a progressé de six points pour s'établir à 70%. 
Dans la mesure où les deux tiers de la valeur de leurs biens 
immobiliers restent à rembourser, la part de l'endettement dans 
leur patrimoine privé brut (hors biens durables et de valeur) a 
atteint 46% début 2015, soit une hausse de près de neuf points 
en cinq ans.      
 
 (Myriam Rivet, édité par Sophie Louet) 
 
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