France-Le travail du dimanche autorisé dans douze zones à Paris

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* Les propositions de Bercy globalement validées * Un observatoire surveillera l'impact sur l'emploi * Macron critique sévèrement l'opposition d'Anne Hidalgo PARIS, 24 septembre (Reuters) - Le gouvernement français est passé outre à l'opposition de la maire de Paris Anne Hidalgo en confirmant la création dans la capitale de douze zones touristiques internationales (ZTI) où les commerces pourront ouvrir le soir et tous les dimanches. A quelques aménagements près, la carte de ces zones, publiée jeudi par Le Parisien, est conforme au projet que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron avait soumis à la maire de Paris pour une concertation qui n'a pas vraiment eu lieu. Selon le journal, elle a fait l'objet d'arbitrages à Matignon. Le gouvernement a concédé à la maire de Paris la mise en place d'un observatoire, qu'elle coprésidera avec le préfet de Paris, pour juger de l'impact de ces zones sur l'emploi. La carte doit faire l'objet d'un arrêté après la publication, jeudi au Journal officiel, d'un décret définissant les critères d'éligibilité de ces ZTI, un des principaux points de la loi sur la croissance et l'activité adoptée cet été sans vote avec le recours à l'article 49-3 de la Constitution. Sont concernés les Champs-Elysées, le boulevard Haussmann, Montmartre, le Marais, les Halles et le quartier de la bibliothèque François Mitterrand mais aussi les Olympiades dans le XIIIe arrondissement, Beaugrenelle, dans le XVe, des quartiers dont l'activité touristique a été mise en doute. L'avenue Wagram (XVIIe), l'île Saint-Louis (IVe) et la rue Saint-Charles (XVe) ont été ajoutées à des ZTI mais la place de la République et le boulevard Barbès en ont été exclus. EQUILIBRE POLITIQUE Dans le Parisien, Emmanuel Macron fait valoir que les achats des touristes représentent 50% des ventes de grands magasins à Paris et qu'élargir les possibilités d'ouverture, "c'est donner plus de marge de manoeuvre à ces commerces et aux enseignes de luxe, c'est faire de Paris une capitale de la mode." Anne Hidalgo a vivement contesté le choix des ZTI fait par le ministère des Finances et réclamé en vain que, sur ce dossier, le dernier mot revienne au maire. Elle s'est plainte dans une interview d'avoir été "maltraitée" par les services d'Emmanuel Macron qui n'ont pas retenu dans le projet de loi des amendements selon elle négociés en commun. Le ministre lui répond sans ménagement dans les colonnes du Parisien. "Si elle avait été en capacité d'ouvrir les commerces le dimanche dans les zones les plus attractives, nous n'aurions pas eu à mener cette réforme", dit-il. "Elle n'a pas souhaité que nous échangions, c'est son choix (...) Je comprends que les équilibres politiques de la Ville de Paris aient rendu impossible pour la maire de conduire cette évolution, mais ce n'est pas mon débat", a-t-il ajouté. Des ZTI doivent voir aussi le jour en province à Cannes, Deauville et Nice. Selon le ministère de l'Economie, elles pourraient créer jusqu'à 8.000 emplois. Des études font état de 2.000 emplois supplémentaires pour le seul boulevard Haussmann à Paris. Mais les associations de petits commerçants redoutent qu'elles n'en détruisent dans leur secteur. "S'il s'avère que l'ouverture des commerces dans une zone n'est pas créatrice d'emploi ou fragilise le commerce de proximité, il faudra envisager de revenir sur la ZTI", reconnaît Emmanuel Macron. En attendant, l'extension de l'ouverture des commerces situés dans les ZTI est encore conditionnée à des accords sur des contreparties négociés avec les syndicats pour les établissements de plus de dix salariés. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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