France-Le ton se durcit entre Juppé et Sarkozy

le , mis à jour à 21:31
0
    * Le maire de Bordeaux évoque l'affaire Bygmalion 
    * La double casquette de Sarkozy énerve ses rivaux 
    * L'ancien président se prépare comme "Rocky III" 
 
 (Complété avec sondage Odoxa) 
    PARIS, 10 juin (Reuters) - La compétition pour la primaire à 
droite tourne à l'aigre sous l'effet de la campagne équivoque de 
Nicolas Sarkozy, candidat officieux à l'investiture, qu'Alain 
Juppé a pressé vendredi de clarifier sa situation au nom de la 
"morale". 
    Les rivaux de l'ancien chef de l'Etat s'irritent du 
vrai-faux suspense que celui-ci entretient sur sa candidature à 
la primaire des 20 et 27 novembre et de son maintien à la tête 
des Républicains. 
    Pour ajouter à l'agacement, l'un des fidèles de Nicolas 
Sarkozy, le sénateur (Les Républicains) Pierre Charon, a déclaré 
vendredi sur Public Sénat que le candidat putatif se préparait 
tel "Rocky III". 
    "Rocky III, c'est le retour quoi, le troisième combat qu'il 
regagne à nouveau. (...) Il faut savoir que si jamais il était 
en compétition, il faudrait être très en forme face à lui 
aussi", a-t-il ajouté. 
    Cette situation "hypocrite", ce "mélange des genres", selon 
les entourages de ses rivaux, la Haute autorité de la primaire 
n'en a pas été saisie pour l'instant, bien que certains dans les 
écuries adverses en aient formulé le souhait. 
    Alain Juppé, favori de la primaire, avait appelé début juin 
Nicolas Sarkozy à "prendre un peu de distance avec les appareils 
partisans", il s'est fait plus mordant vendredi, dans une rare 
attaque médiatique, en rappelant implicitement au président de 
LR l'existence de l'affaire Bygmalion. 
     
    "CERTAINES PRATIQUES DU PASSÉ" 
    "Ce n'est pas un problème juridique, c'est un problème moral 
et éthique. Ne reprenons pas certaines pratiques du passé où on 
confondait un peu les choses entre les campagnes électorales et 
le financement du parti", a lâché le maire de Bordeaux sur 
France Info. 
    Les juges ont clos leur enquête dans le dossier Bygmalion, 
un système présumé de fausses factures utilisé en 2012 pour 
couvrir des dépassements de frais lors de la campagne du 
président sortant. Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour 
financement illégal de campagne électorale dans cette affaire. 
    Le prédécesseur de François Hollande risque un renvoi en 
correctionnelle dans ce dossier. 
    "Il doit faire attention à la confusion des genres, ça ne 
lui a pas porté bonheur dans le passé", souligne-t-on dans 
l'entourage d'Alain Juppé tout en se défendant de céder aux 
travers anciens de la droite, où la compétition tourne vite à 
l'invective. 
    Alain Juppé entend continuer à tracer sa route sans se 
déterminer "par rapport à Nicolas Sarkozy", mais la mise en 
garde de vendredi vaut avertissement pour l'avenir. 
    "On ne calibre pas notre campagne en fonction de ce que font 
les autres", dit-on dans son entourage. 
    Les statuts des Républicains imposent à tout membre de la 
direction qui briguerait l'investiture présidentielle de 
démissionner de son poste au plus tard 15 jours avant le dépôt 
des candidatures, fixé au 9 septembre. Nicolas Sarkozy peut donc 
rester à la tête du parti jusqu'au 26 août au plus tard. 
    Alain Juppé a d'ores et déjà prévu de faire sa rentrée 
politique le 27 août et de publier le 31 août un livre sur sa 
relation "charnelle" avec la France. 
    "J'ai mon rythme, j'ai mon plan, j'ai mon projet", a rappelé 
le maire de Bordeaux sur France Info. 
    Selon un sondage Odoxa réalisé le 9 juin par internet auprès 
de 1.003 personnes âgées de 18 ans et plus, Nicolas Sarkozy est 
le candidat à droite qui a "le plus envie" d'être élu président 
en 2017 pour 54% des Français. Suivent Alain Juppé (28%), 
François Fillon (9%) et Bruno Le Maire (7%). 
 
 (Sophie Louet avec Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant