France-Le taux du livret A maintenu à 0,75% au 1er février

le
3
 (Avec détails supplémentaires et Villeroy de Galhau) 
    PARIS, 9 novembre (Reuters) - Le ministre de l'Economie et 
des Finances, Michel Sapin, a confirmé mercredi que le taux du 
livret A serait maintenu à 0,75% au 1er février, lors de sa 
prochaine revue, malgré la modification de la formule utilisée 
pour le déterminer. 
    En juillet, le ministère des Finances avait accueilli 
"positivement" une proposition en ce sens du gouverneur de la 
Banque de France pour la rémunération du produit d'épargne le 
plus populaire de France.   
    Dans un communiqué, il indique apporter deux modifications à 
la formule de calcul du taux, qui tient compte du niveau de 
l'inflation hors tabac, très faible pour le moment, et des taux 
du marché monétaire - en territoire négatif du fait de la 
politique de la Banque centrale européenne (BCE) -, avec une 
majoration d'un quart de point. 
    Les indices utilisés pour les taux monétaires et l'inflation 
seront désormais lissés sur six mois "afin de prévenir toute 
variation brutale" du taux du livret A et la majoration par 
rapport à l'inflation sera suspendue lorsque celle-ci est 
sensiblement supérieure aux taux de marché, "afin d'éviter une 
divergence excessive entre les taux de marché et la rémunération 
de l'épargne". 
    Cité dans le communiqué, Michel Sapin explique que cette 
modification vise trois objectifs : maintenir une rémunération 
attractive, préserver la qualité du financement du logement 
social, rendre plus prévisible et lisser l'évolution du taux du 
livret. 
    "Quelle que soit l'incidence de la nouvelle formule de 
calcul, le taux du livret A ne baissera pas et sera maintenu au 
1er février 2017 à 0,75%", ajoute-t-il. 
     
    UNE PREMIÈRE FORMULE EN 1999 
    La fixation du taux des 61,1 millions de livrets A 
individuels reste une affaire hautement sensible, même depuis 
que Dominique Strauss-Kahn a, en 1999, introduit une première 
formule de calcul censée simplifier les décisions des politiques 
mais qui n'a, dans les faits, jamais été véritablement suivie. 
    Malgré l'évolution de la formule, des dérogations ont été 
régulièrement invoquées pour atténuer les baisses, la dernière 
en date en juillet dernier quand le taux aurait dû être fixé à 
0,50%, un plus bas historique. 
    A 0,75%, il reste particulièrement élevé dans 
l'environnement actuel pour un produit liquide et totalement 
défiscalisé, alors que le rendement des emprunts d'Etat français 
à 10 ans  FR10YT=TWEB  dépasse à peine 0,50% avant prélèvements. 
    Le précédent gouverneur de la Banque de France, Christian 
Noyer, estimait que le maintien d'un écart important entre les 
taux du marché et du livret A constituait un frein à la 
transmission de la politique de la BCE à l'économie française en 
renchérissant le coût des ressources des banques, contraintes 
d'aligner la rémunération de leurs produits d'épargne. 
    Son successeur François Villeroy de Galhau a insisté sur 
l'impact d'un taux du livret A élevé sur le financement du 
logement social, sa principale utilisation, en soulignant qu'un 
surcoût de 0,5% sur les taux "représente une charge accrue 
d'environ 8.000 euros par an pendant trente ans pour chaque 
nouveau logement". 
    Dans une interview à la chaîne France Info, il a indiqué que 
"l'adaptation limitée" de la formule permettrait de concilier la 
protection de l'épargne et le financement du logement social 
pour éviter qu'il soit "trop pénalisé alors que tout le reste de 
l'économie bénéficie des taux bas" résultant de la politique de 
la BCE. 
 
 (Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Sophie 
Louet) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • cg46 il y a 3 semaines

    En clair, grâce à la banque centrale européenne, nous devons financer le logement social avec des prêts à taux zéro et un livret A à taux zéro. Et pendant ce temps là les nantis se gavent ! Vive le socialisme !

  • M1084720 il y a 3 semaines

    Lorsque je paie mes soins dentaires en particulier et mes dépenses incontournables en général (énergie et alimentation), je n'ai pas une impression d'inflation 0...mais je n'appartiens pas aux "élites".

  • Mig737 il y a 3 semaines

    Si l'inflation est à zéro, le taux est à 0.25%, il faut arrêter de tricher en permanence, il y a des règles, respectons-les!