France-Le taux de rotation de la main d'oeuvre a bondi en 30 ans

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PARIS, 17 septembre (Reuters) - Le taux de rotation de la main d'oeuvre a été multiplié par cinq en 30 ans en France et les emplois instables tendent à constituer une "trappe" pour ceux qui les occupent, selon une étude de l'Insee publiée mercredi. Selon l'institut de la statistique, la hausse du taux de rotation s'explique notamment par la division par trois de la durée moyenne des contrats à durée déterminée et des missions d'intérim. Il souligne "un impact de plus en plus déterminant et durable des faibles niveaux de formation sur la rotation des jeunes adultes" et considère que "le fonctionnement du marché du travail se rapproche d'un modèle segmenté où les emplois stables et les emplois instables forment deux mondes séparés". "Les emplois instables y constituent une 'trappe' pour ceux qui les occupent. La diminution continue sur 30 ans des transitions vers l'emploi en CDI atteste de cette segmentation", ajoute l'Insee. De 32% en 1982, le taux de rotation de la main d'oeuvre est passé à 177% en 2011, ce qui signifie que pour 100 salariés présents à un moment donné, il y a en moyenne 177 entrées et sorties dans l'emploi sur un an (y compris celles d'un même salarié dans un même établissement). En 1982, près de la moitié des embauches se faisaient en contrat à durée indéterminée et la durée moyenne des embauches dans les autres formes d'emplois était de trois mois. En 2011, la part des CDI dans les embauches n'était plus que de 5% et la durée moyenne des embauches dans les autres formes d'emploi n'était plus que d'un mois. En 2011, pour 100 emplois, il y a eu 22 embauches en CDI ou contrat de plus de trois mois, 85 embauches en missions d'intérim de moins de trois mois et 67 embauches sous CDD de moins de trois mois. L'Insee souligne que les jeunes sont surreprésentés parmi les salariés occupant des types d'emploi à fort taux de rotation. Il précise que parmi les sept familles professionnelles à plus fort taux de rotation, six concernent des ouvriers non qualifiés, le recours fréquent à l'intérim expliquant notamment cette proportion. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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