France-Le tandem Hollande-Valls s'accroche

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* Le Premier ministre espère rester à Matignon jusqu'en 2017 * Le binôme avec Hollande "fonctionne" malgré un contexte tendu * Vers un nouvel "agenda de réformes" par Julien Ponthus et Elizabeth Pineau PARIS, 2 octobre (Reuters) - Le tandem formé depuis six mois par François Hollande et Manuel Valls est calibré pour tenir longtemps, assurent les entourages des deux hommes, qui semblent avoir trouvé l'équilibre nécessaire pour affronter les tempêtes de tous ordres. "Ma mission, elle doit se poursuivre jusqu'au bout du quinquennat", confiait récemment le chef du gouvernement confronté à une situation économique, sociale et politique tendue sur fond de défaites électorales à répétition -- jusqu'à la perte du Sénat, dimanche dernier. "C'est parce que nous avons fait les réformes trop tard, parce que nous sommes habitués à un niveau de dettes et de déficits trop élevés, parce que nous acceptons malheureusement un chômage trop élevé, même s'il est bien indemnisé, que nous avons perdu du temps", a déploré mercredi publiquement Manuel Valls, à la manoeuvre depuis le 31 mars. A ceux qui appréhendaient au printemps un climat de cohabitation entre deux hommes aux caractères différents, voire opposés, un proche de François Hollande oppose aujourd'hui la solidité d'un "binôme qui peut aller loin dans le mandat". "Ça fonctionne. Ils ont trouvé une complémentarité qui n'existait pas avec Jean-Marc Ayrault. C'est lisible", analyse-t-il. "Il y a beaucoup de respect de l'un vis-à-vis de l'autre, une grande acceptation de la part du président de la personnalité énergique de Manuel Valls". "Si François Hollande est en mesure d'exprimer la partie la plus présidentielle de son exercice, c'est justement parce que le Premier ministre occupe l'espace qui lui est réservé en termes d'autorité, d'action et de communication gouvernementale." UN AGENDA CACHÉ? Certains, au Parti socialiste, s'inquiètent toutefois en privé des intentions tactiques de Manuel Valls, qui pourrait être tenté de quitter le navire afin de préserver ses chances pour la présidentielle de 2017 ou celle de 2022. Deux alternatives ont été avancées : son remplacement par la maire de Lille Martine Aubry ou le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, afin d'aborder "par la gauche" la présidentielle de 2017. Ces hypothèses sont repoussées pour l'heure par un proche de François Hollande qui ne "voit pas qui d'autre que Manuel Valls pourrait mieux mener la deuxième partie du quinquennat, au regard des urgences économiques et sociales". A ses yeux, la route vers 2017 "dépendra beaucoup des résultats des élections (départementales et régionales) de 2015, même si on n'attend pas de miracle, à moins d'une reprise économique effective et confirmée". Dans l'entourage de Manuel Valls, on estime que le vote du budget 2015 à l'Assemblée sera l'occasion de conforter durablement le Premier ministre. Même si l'Assemblée nationale n'a accordé le 16 septembre qu'une courte majorité à Manuel Valls, avec 37 soutiens de moins que pour son premier gouvernement début avril, l'exécutif table sur le fait que les députés voteront les prochains textes. "Depuis le vote de confiance, le Premier ministre considère que les 'frondeurs', ce n'est plus un sujet", dit un proche du Premier ministre, alors que les élus socialistes récalcitrants ont été écartés en début de semaine de plusieurs commissions parlementaires par le président du groupe, Bruno Le Roux. Pour preuve de sa constance et de sa persévérance, Manuel Valls réfléchit à "un agenda de réformes". "Il n'est pas obsédé par l'idée de tout faire en trois mois. On a encore deux ans et demi". "On ne peut pas mettre en oeuvre ce qu'on appelle la politique de l'offre et attendre des résultats tout de suite. C'est totalement contradictoire". (Edité par Sophie Louet)

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  • frivet le jeudi 2 oct 2014 à 17:59

    ils s'accrochent.......mais plus personne ne les veut, alors si le ras le bol déborde ......

  • M940878 le jeudi 2 oct 2014 à 17:40

    ils ont scié la branche , la chute va faire mal

  • M8252219 le jeudi 2 oct 2014 à 16:28

    le système social français est mort d'avoir déresponsabilisé les français:à l'éducation nationale choix du temps de travail 75%, 50%,25% de l'horaire hebdomadaire.Les jeunes professeurs servent de bouche-trous et peuvent avoir trois classes différentes dans trois localités différentes la même journée,déprime assurée au bout de 5 ou 6 ans de ce régime. les allocataires du chômage et du RSA devraient avoir l'obligation de faire une formation adaptée sous peine de perdre leur allocation