France-Le syndicalisme est "mortel", prévient Laurent Berger

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    PARIS, 3 novembre (Reuters) - "Le syndicalisme est mortel", 
prévient le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, dans 
une mise garde lancée aux organisations syndicales contre le 
risque d'éclatement qu'ont vécu les partis politiques 
traditionnels en France.  
    "Je suis persuadé que le syndicalisme est mortel. Ce qu'il 
s'est passé pour les partis politiques traditionnels peut 
arriver aux syndicats", dit-il dans une interview publiée 
vendredi par Libération. 
    "Ce sera à nous de montrer que l'on est incontournables. Si 
on veut continuer à tenir notre place, il faudra être capable 
d'être fins et d'aller sur les bons sujets", a-t-il ajouté.  
    Les syndicats, qui ont tous affiché leur déception face à la 
réforme désormais adoptée du Code du travail, ne parviennent pas 
à s'entendre sur une ligne de conduite commune pour faire face 
au gouvernement.   
    La CGT et Force ouvrière, favorables à la mobilisation dans 
la rue, ont décidé de tenir une nouvelle journée de 
manifestations le 16 novembre prochain contre la politique 
sociale d'Emmanuel Macron qu'elles jugent trop libérale.  
    La CFDT, l'UNSA et la CFTC refusent encore de se joindre au 
mouvement de contestation, préférant envoyer une mise en garde 
au gouvernement sur les réformes à venir de l'apprentissage, la 
formation professionnelle et de l'assurance chômage.  
    Laurent Berger estime que descendre dans la rue à ce stade 
envoie un mauvais signe. 
    "Le vrai aveu de faiblesse, c'est d'aller dans la rue sans 
salariés, juste avec des militants et sans pouvoir peser sur le 
contenu", a-t-il dit au quotidien. "Je l'assume, je ne voulais 
pas une démonstration de faiblesse sur les ordonnances. Je ne 
voulais pas faire ce cadeau au gouvernement." 
    Les trois journées de manifestations organisées par la CGT 
et Solidaires, les 12 septembre, 23 septembre et 19 octobre ont 
affiché une mobilisation déclinante. Le mouvement de 
contestation est passé de 223.000 personnes le 12 septembre à 
seulement 37.700 le 19 octobre, selon la police.  
    "Je ne critique pas les autres options syndicales, mais on a 
intérêt à garder notre capacité de mobilisation pour d'autres 
moments", a dit Laurent Berger. "Ce qui fait la force d'une 
organisation syndicale, c'est sa présence sur le terrain auprès 
des salariés et sa capacité à construire des propositions et des 
contre-propositions". 
    "Toute autre force qui serait seulement de témoignage, sans 
pouvoir imposer un certain nombre de choses se retrouvera 
reléguée", a-t-il précisé.  
    Le syndicaliste a par ailleurs indiqué qu'il comptait bien 
se représenter lors du congrès de la CFDT en juin prochain.  
    "La durée moyenne à la tête de la CFDT, c'est une dizaine 
d'années. J'en serai à cinq, donc oui, je me représente", a-t-il 
dit au Parisien. "Je crois pouvoir encore apporter à nos 
combats".  
 
 (Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse) 
 
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