France-Le Sud-Est fait de la résistance contre la loi Travail

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    MARTIGUES, Bouches-du-Rhône, 16 juin (Reuters) - 
S oixante-dix navires bloqués en rade de Marseille, incinérateur 
à l'arrêt : après un mois de grève et malgré la reprise du 
travail dans de nombreuses raffineries du pays, les salariés des 
sites pétrochimiques de Fos-sur-Mer ont dit jeudi leur volonté 
de poursuivre le mouvement jusqu'au l'abandon de la loi Travail. 
    "Le mouvement n'est pas mort, loin de là", a dit à la presse 
le secrétaire général départemental de la CGT, Olivier Mateu. 
"L'objectif n'est pas de provoquer le chaos, mais nous 
continuerons à appuyer sur tous les secteurs de l'économie 
puisque que c'est la seule chose que comprennent le gouvernement 
et le Medef". 
    Dans ce bastion local, où la première organisation syndicale 
 française règne presque sans partage dans la manutention 
portuaire et l'industrie pétrochimique, la grève va se 
poursuivre au moins jusqu'à vendredi, date de la rencontre entre 
le secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez, et la 
ministre du Travail, Myriam El Khomri. 
    Depuis le 23 mai, les salariés de la société Fluxel, qui 
opèrent les ports pétroliers de Fos et de Lavéra, sont en grève, 
entraînant le blocage de quelque 70 navires en rade.  
    "Il s'agit essentiellement de pétroliers et de navires de 
produits raffinés", a indiqué à Reuters une source proche de la 
direction du Grand port maritime de Marseille. 
    Les deux ports pétroliers de Fos-Lavéra desservent 
directement les raffineries du complexe pétrochimique de l'étang 
de Berre (Petroinéos, Total et Esso, à Fos), ainsi que, par 
oléoduc, celles de Feyzin (Rhône), de Cressier, en Suisse, et de 
Karlsruhe, en Allemagne. 
    La reprise du travail dans les six autres raffineries 
française et au port du Havre n'a pas changé la donne d'un 
mouvement qui se veut "multiforme". 
     
     ROULEMENT DE GRÈVES 
    "En 2010, on a eu le sentiment que quand les raffineries ont 
arrêté la grève (contre la réforme des retraites-NDLR), cela a 
signé la fin du conflit. Ce n'est pas le cas aujourd'hui car le 
mouvement ne repose pas sur un seul secteur", affirme le 
secrétaire général CGT du port de Marseille, Pascal Galéoté. 
    "Il n'y a pas de profession porte-étendard du mouvement, il 
y a un roulement destiné à peser sur l'économie et sur les 
consciences. C'est un combat déjà largement gagné", poursuit-il. 
    D'autres mouvements sociaux, dans les déchets, l'énergie ou 
la fonction publique, se sont déclarés dans les Bouches-du-Rhône 
prêts à prendre la relève du secteur pétrolier "qui n'a pas 
vocation à rester indéfiniment en grève". 
    A Fos-sur-Mer, l'incinérateur traitant les déchets de 1,8 
million d'habitants des 18 communes de l'agglomération 
marseillaise était ainsi bloqué jeudi pour la neuvième journée 
consécutive, faisant craindre un débordement rapide des 
poubelles dans la deuxième ville de France. 
    "C'est un conflit innovant, même pour nous, avec des 
secteurs entiers qui entrent et sortent du mouvement", analyse 
Olivier Mateu. "Mais la mobilisation générale ne faiblit pas."   
  
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • a.rosa le jeudi 16 juin 2016 à 20:34

    Quand les armateurs pétroliers arrêterons d affrétés des bateaux pour desservir les installations de FOS sur MER pour ne plus perdre d argent...la CGT va dire quoi aux chômeurs ?

  • frk987 le jeudi 16 juin 2016 à 18:33

    Délocalisations...et la messe sera dite.