France-Le soutien de Bayrou à Juppé déchire la droite

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    * L'ex-Premier ministre compte sur le soutien du centre 
    * Mais les sarkozystes ne pardonnent pas à Bayrou 
    * Il avait dit en 2012 qu'il voterait pour Hollande 
 
    PARIS, 25 octobre (Reuters) - Alain Juppé a exprimé mardi 
son irritation à propos des salves venues des partisans de 
Nicolas Sarkozy, qui ont fait du soutien de François Bayrou à 
l'ex-Premier ministre leur principal angle d'attaque à moins 
d'un mois du premier tour de la primaire. 
    "Cette espèce d'obsession anti-Bayrou, ça commence à bien 
faire", a-t-il réagi mardi matin sur France Inter. 
    L'attitude du maire de Pau, honni par les sarkozystes depuis 
son vote en faveur de François Hollande en 2012, est devenue ces 
derniers jours un casus belli entre les deux principaux 
candidats à l'investiture présidentielle de la droite. 
    Les fidèles de l'ancien président reprochent à Alain Juppé 
de mener des négociations en sous-main et de vouloir conduire 
une politique à leurs yeux trop timorée avec le concours des 
centristes en général et de François Bayrou en particulier. 
    Le maire de Bordeaux, à qui les sondages promettent pour 
l'heure un large succès le 27 novembre, estime au contraire que 
la primaire doit être l'occasion d'un vaste rassemblement, 
allant jusqu'aux "déçus du hollandisme", préalable à une 
victoire au printemps 2017. 
    "Pourquoi est-ce qu'on a créé l'UMP (...) ? Pour rassembler 
les gaullistes, les libéraux et les centristes. Et ça a marché", 
a déclaré Alain Juppé, qui impute à Nicolas Sarkozy la 
responsabilité du divorce avec une large frange du centre.  
    "Malheureusement, ça a explosé en vol en 2012, hélas, à 
cause de la dérive trop droitière de la campagne de 2012", a 
jugé l'ex-chef du gouvernement.  
    "Aujourd'hui, (François Bayrou) est clairement en faveur de 
l'alternance. On ne va pas continuer à excommunier les uns et 
les autres. Quand on veut rassembler, on ne commence pas par se 
séparer de ceux qui veulent nous rejoindre", a-t-il encore dit. 
    L'ex-candidat aux présidentielles de 2002, 2007 et 2012 
affiche de longue date sa préférence pour Alain Juppé en vue de 
la primaire mais se dit libre de se lancer à nouveau dans la 
course à l'Elysée en cas de défaite de son favori. 
     
    "PASSEPORT POUR L'IMMOBILISME" 
    La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a exhorté les 
centristes à "respecter la règle de la primaire". 
    Sa mise en demeure visait également Jean-Christophe Lagarde, 
président de l'UDI, qui appuie aussi Alain Juppé et a fait 
savoir qu'il ne soutiendrait pas "automatiquement" le vainqueur 
de la primaire. 
    "Je n'aime pas les gens qui participent à une compétition et 
qui en contestent les règles. Et je dis simplement à M. Bayrou 
et à M. Lagarde que si on soutient un candidat à la primaire, on 
s'engage à respecter la règle", a-t-il dit sur Europe 1. 
    Un message relayé par la Sarkozie dans une tribune publiée 
par le Journal du dimanche, dans laquelle 165 signataires 
fustigent le "retour opportuniste de François Bayrou" annonçant 
d'après eux une "compromission idéologique".  
     Eric Woerth a poursuivi mardi ses attaques contre le 
président du MoDem, un homme qui "n'a jamais fait de réforme de 
sa vie et a toujours, au fond, reculé devant des réformes". 
    "Une alliance avec François Bayrou, c'est un passeport pour 
la non-réforme, c'est le passeport pour l'immobilisme", a 
soutenu l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy sur LCI. 
    Lundi, le centriste a dit voir dans les critiques dont il 
fait l'objet un signe de la "panique" qui gagnerait les rangs 
sarkozystes. 
    Un sondage d'Ipsos-Sopra Steria et du Centre de recherches 
politiques de Sciences Po (Cevipof) pour Le Monde place Alain 
Juppé avec onze points d'avance sur son rival au premier tour, 
et 20 points au second.   
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • JODHY il y a 12 mois

    ceux qui ont trahi la droite n'ont pas leur place a droite