France-Le SNJ dénonce une tentative d'étouffer l'affaire Baupin

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    PARIS, 15 mai (Reuters) - Le Syndicat national des 
journalistes (SNJ) a dénoncé dimanche une tentative du député 
écologiste Denis Baupin d'étouffer l'enquête du site de presse 
Mediapart sur des accusations d'agressions et harcèlements 
sexuels le mettant en cause. 
    Le SNJ publie sur son site internet deux lettres de l'avocat 
de Denis Baupin au directeur de Mediapart, Edwy Plenel. 
    "Il apparaît qu'une journaliste de la rédaction de Mediapart 
recherche activement des témoignages (...) aux fins de tenter de 
remettre gravement en cause (la) probité" de Denis Baupin, écrit 
Me Emmanuel Pierrat dans la première, datée du 8 avril. 
    Il met en demeure Edwy Plenel de s'abstenir de publier "tout 
élément susceptible de porter atteinte à l'honneur et à la 
considération" de son client. 
    Dans sa réponse, également publiée par le SNJ, Edwy Plenel 
oppose une fin de non recevoir à cette "sidérante sommation", 
qu'il juge "relevant de pratiques d'ancien régime". 
    Un mois plus tard, après la publication des témoignages de 
huit femmes, parmi lesquelles des dirigeantes de l'ancien parti 
de Denis Baupin, Europe Ecologie-Les Verts, mettant en cause le 
député, Me Emmanuel Pierrat a de nouveau écrit à Mediapart. 
    Dans une deuxième lettre, datée du 9 mai, il demande la 
"suppression immédiate" de l'article de la journaliste Lénaïg 
Bredoux publié le même jour sur le site de Mediapart. 
    Il qualifie de "litigieux" ce reportage comportant selon lui 
des "imputations diffamatoires" et menace Mediapart de 
poursuites. 
    Ces menaces sont restées sans effet et les témoignages à 
visage découvert de plusieurs des femmes citées par Mediapart 
ont au contraire renforcé l'impact du reportage, qui a conduit 
Denis Baupin à démissionner de son poste de vice-président de 
l'Assemblée nationale. 
    Dans un communiqué, le SNJ exprime sa "stupéfaction de voir 
un élu de la nation se comporter de façon aussi peu civique" et 
apporte son soutien à Mediapart. 
    Le parquet de Paris a pour sa part ouvert le 10 mai une 
enquête préliminaire pour "recueillir les témoignages des 
victimes présumées (...), vérifier les dates et lieux de la 
commission des faits allégués" et "entendre tout témoin utile". 
     
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Marc Angrand) 
 
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