France-Le Sénat inquiet après le relais Sangaris-Onu en RCA

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    * La situation toujours volatile dans le pays 
    * Des sénateurs appellent à un mandat de l'Onu plus robuste 
    * Ils préconisent la levée de l'embargo sur les armes 
 
    PARIS, 13 juillet (Reuters) - Des sénateurs français ont 
exprimé mercredi leur inquiétude face au récent passage de 
relais en Centrafrique entre la force française Sangaris et les 
troupes de l'Onu confrontées à un regain de tensions ces 
derniers mois.  
    A l'occasion de la présentation d'un rapport sur les 
interventions extérieures de la France, six élus de la 
commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces 
armées ont dressé un bilan mitigé du mandat onusien, notamment 
en Centrafrique, qu'ils jugent timoré.  
    "L'inquiétude qui est la nôtre, c'est que le calme est 
rétabli mais il y a encore des problématiques dans les trois 
quarts du territoire", a expliqué le sénateur des Hauts-de-Seine 
Jacques Gautier (Les Républicains) lors d'une conférence de 
presse.  
    "Si nous avons des problématiques fortes dans un endroit 
donné avec des violences, soit la Minusca sera capable 
d'intervenir et d'y mettre un terme et elle deviendra crédible, 
soit elle n'est pas capable de réagir et ça veut dire qu'elle 
aura perdu la confiance de la population et qu'un jour ou 
l'autre on demandera aux Français de revenir", a-t-il ajouté.    
  
    Lancée en décembre 2013 pour mettre fin à un cycle de 
violences intercommunautaires, l'opération Sangaris a pris fin 
officiellement à la fin du mois de juin. 
    Les effectifs militaires français ont été ramenés à 350 
hommes qui font désormais office de réserve tactique au profit 
des 12.500 casques bleus de la Minusca, appuyés par l'Union 
européenne.   
    "Tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui que l'opération 
Sangaris a réussi et qu'elle a remis de la sécurité dans le 
pays", souligne le sénateur PS de Meurthe-et-Moselle Daniel 
Reiner. Pour autant, "on n'a pas résolu la crise qui peut 
renaître à tout moment, c'est évident". 
     
    "NIVEAU MÉDIOCRE" 
    La force onusienne dont l'image, comme celle de l'armée 
française, a été entachée par des soupçons d'abus sexuels, a 
perdu ces derniers mois en RCA deux casques bleus, tués dans des 
attaques armées.  
    Une dégradation de la situation jugée préoccupante par le 
Haut commissaire de l'Onu aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al 
Hussein, qui a mis en garde début juillet contre une nouvelle 
escalade de violence dans les mois à venir.  
    Au-delà du théâtre centrafricain, les forces de maintien de 
la paix ont des "mandats trop limités, des équipements 
insuffisants et un niveau opérationnel et une combativité 
médiocres", soulignent les sénateurs dans leur rapport.  
    Les forces onusiennes doivent être en mesure de mener des 
actions offensives contre les groupes armés qui refusent 
d'entrer dans les processus de désarmement, de mobilisation et 
de réintégration, écrivent-ils.  
    "Il faut 'sangariser' la Minusca, il faut lui donner les 
moyens d'agir dans ce cadre-là", a estimé le sénateur du 
Territoire de Belfort Cédric Perrin (LR). 
    "Il continue d'y avoir des coupures de route, des 
possibilités d'exactions d'un certain nombre de rebelles, il 
peut y avoir une remontée en puissance, de nouvelles 
difficultés", a-t-il ajouté. 
    Autre point soulevé dans le rapport concernant la 
Centrafrique, l'embargo sur les armes imposé en 2013 et prolongé 
d'un an par le Conseil de sécurité de l'Onu en janvier.  
    "Ce n'est pas la peine de former des forces de sécurité si 
on ne leur donne pas les moyens d'exercer leur mission", juge 
Daniel Reiner.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Sophie Louet) 
 
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