France-Le Roux réservé sur une sanction des "frondeurs" du PS

le
0
    PARIS, 13 mai (Reuters) - Le chef de file des députés 
socialistes, Bruno Le Roux, s'est montré très réservé, vendredi, 
sur d'éventuelles sanctions à l'encontre des "frondeurs" du PS 
qui ont tenté, avec le Front de Gauche, de déposer une motion de 
censure contre le gouvernement. 
    Il a manqué deux signatures, mercredi, aux "frondeurs", au 
Front de gauche et aux écologistes qui s'étaient joints à eux, 
pour pouvoir déposer une motion de censure contre le projet de 
loi réformant le marché du travail. 
    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a 
fait savoir jeudi soir qu'il saisirait la Haute autorité éthique 
du parti du cas de 24 députés socialistes frondeurs "qui ont 
proposé de renverser leur gouvernement". 
    Mais interrogé vendredi par RFI, Bruno Le Roux a estimé 
qu'il ne fallait pas entrer dans le jeu des "frondeurs", qui 
cherchent selon lui à "faire le buzz". 
    "Les frondeurs (...) veulent que l'on parle d'eux tout le 
temps et parler de sanction c'est remettre un peu d'argent dans 
la machine. Moi je ne suis pas partisan de ce jeu-là", a déclaré 
le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. 
    "Le film entretenu autour des frondeurs, je n'ai pas envie 
de continuer à l'alimenter", a-t-il ajouté. "Donc qu'ils fassent 
ce qu'ils veulent. S'ils ne se sentent pas bien avec nous, 
qu'ils aillent ailleurs. Moi ce n'est pas mon problème." 
    Il n'en a pas moins dénoncé une nouvelle fois la "stratégie 
d'opposition systématique" de ces "minoritaires" à l'intérieur 
du groupe socialiste à l'Assemblée. 
    Selon la porte-parole du PS Corinne Narassiguin, rien dans 
les statuts du parti ne prévoit une telle situation. 
    "La Haute autorité émettra un avis sur l'opportunité d'une 
sanction et éventuellement sur quelle sanction", a-t-elle 
expliqué à Reuters. 
    Bruno Le Roux a dit espérer que la raison l'emporterait lors 
de la deuxième lecture du projet de loi Travail à l'Assemblée 
nationale après son passage au Sénat, le texte adopté jeudi 
après le rejet de la motion de censure de la droite "étant très 
différent de celui qui est commenté depuis deux mois". 
    Mais il a aussi douté que cela soit possible "à aussi court 
terme" et prédit que le gouvernement utiliserait de nouveau 
cette procédure prévue par l'article 49-3 de la Constitution si 
les frondeurs ne rentraient pas dans le rang. 
    "Si jamais il y a toujours cette même stratégie d'opposition 
systématique (...) il y aura l'utilisation de cet article." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant