France-Le Roux exhorte Hollande à se déclarer rapidement

le
1
    * Macron maintient l'ambiguïté sur ses intentions 
    * Ses proches le poussent à être candidat en 2017 
    * Bruno Le Roux souhaite que Hollande se déclare rapidement 
 
    PARIS, 1er septembre (Reuters) - Le patron des députés 
socialistes a exhorté jeudi François Hollande à annoncer sans 
attendre s'il briguera un deuxième mandat en 2017, "peut-être 
même dès la semaine prochaine". 
    Bruno Le Roux a estimé sur Radio Classique que la démission 
du ministre de l'Economie Emmanuel Macron obligeait "tout le 
monde à réfléchir", en premier lieu le chef de l'Etat.  
    Emmanuel Macron a démissionné mardi pour se consacrer à son 
mouvement, "En Marche !", dans la perspective de l'élection 
présidentielle de 2017, sans toutefois lever l'ambiguïté qu'il 
entretient depuis des mois sur ses intentions. 
    Les proches de l'ex-banquier d'affaires, dont le mouvement 
revendique quelque 60.000 adhérents et le soutien de plusieurs 
dizaines de parlementaires, le poussent à être candidat. 
    "Quand on crée un candidat de plus, un parti de plus, une 
confusion de plus, ça nous force à réfléchir sur quand est-ce 
que l'on arrête cette machine à disparaître du second tour de 
l'élection présidentielle", a déclaré Bruno Le Roux. 
    "Je pense que le président de la République doit donner des 
signes rapidement sur ce qu'il veut faire et sur le projet qu'il 
veut porter", a-t-il poursuivi. "Il faut qu'il le dise vite et 
peut-être même dès la semaine prochaine." 
    François Hollande doit prononcer un discours très attendu le 
8 septembre à un colloque organisé par la Fondation Jean Jaurès. 
    "Je souhaite qu'à ce moment il ouvre les perspectives qui 
nous projettent dans l'avenir", a insisté Bruno Le Roux. 
    Jusqu'ici, le chef de l'Etat a prévu d'annoncer ses 
intentions, notamment au regard de la primaire organisée par le 
PS en janvier, à la fin de l'année, après celle de la droite. 
     
    "LUCIOLE" 
    Mais les annonces de candidatures se sont multipliées ces 
jours-ci à gauche, notamment celles de ses anciens ministres 
Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot, à quoi s'est 
ajoutée la démission du ministre de l'Economie. 
    Bruno Le Roux a dit sa certitude que "dans neuf mois 
Emmanuel Macron ne sera pas président de la République". 
    Le ministre de l'Economie et des Finances a pour sa part 
comparé sur BFM TV et RMC son ex-collègue démissionnaire a une 
luciole, dont le destin est par nature éphémère. 
    Michel Sapin a mis en doute le fait qu'être nouveau venu en 
politique comme Emmanuel Macron puisse être un atout par rapport 
à des personnalités qui y ont consacré l'essentiel de leur vie. 
    "Vous pensez qu'une luciole qui apparaît comme ça un jour, 
au risque de disparaître le lendemain, c'est plus solide ?", 
a-t-il dit. "L'éclat brillant, c'est extrêmement utile, dès lors 
que cela s'appuie sur de la solidité." 
    A la suite de François Hollande, du Premier ministre, Manuel 
Valls, et d'autres figures de la majorité, il a critiqué à mots 
à peine couverts l'attitude d'Emmanuel Macron. 
    "La loyauté est une qualité fondamentale (...) dont chacun 
doit faire preuve à chaque instant", a dit le ministre de 
l'Economie et des Finances, qui a insisté sur le "respect" dû à 
ceux "qui vous ont permis d'être là." 
    Une allusion au fait que le chef de l'Etat a mis le pied à 
l'étrier d'Emmanuel Macron, en le prenant d'abord comme 
conseiller, puis en le nommant ministre de l'Economie. 
    "On peut être tenté, surtout dans les périodes difficiles, 
par des destins individuels", a poursuivi Michel Sapin. "Ça ne 
marche pas comme ça ; les Français ont besoin de repères et dans 
ces repères, il y a l'Histoire : d'où venez-vous, que 
portez-vous comme tradition mais aussi que portez-vous comme 
projet (...) Donc j'appelle chacun à s'en souvenir." 
    Ce proche du chef de l'Etat a écarté l'idée que la démission 
d'Emmanuel Macron affaiblisse François Hollande. 
    "Dire que ça en rajoute, peut-être, mais dire que c'est le 
départ d'Emmanuel Macron qui le met dans la difficulté, ma 
réponse est catégoriquement non", a-t-il dit. "La situation de 
la France est difficile, la situation de l'Europe est difficile 
et (...) il y a peu de gouvernements, peu de gouvernants (...) 
qui aujourd'hui soient vraiment dans des situations simples." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • bordo il y a 6 mois

    C'est sûr qu'avec 12% de popularité, c'est le bon moment. Une vraie tête politique ce Roux. Il ira loin, je vous le dis, contrôleur de tickets de caisse à la mairie de Tulle, au moins.