France-Le retour de Sarkozy, du pain bénit pour l'exécutif ?

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* Le PS ne doute pas du retour de Sarkozy * Il estime que cela recentrera le débat politique * Qualifier "le candidat socialiste" pour le second tour par Elizabeth Pineau PARIS, 12 septembre (Reuters) - Le retour annoncé de Nicolas Sarkozy est considéré par les dirigeants socialistes comme du pain bénit pour un exécutif français en grande difficulté qui espère bénéficier de la comparaison avec le programme économique de l'ancien président. Nicolas Sarkozy devrait annoncer prochainement qu'il brigue la présidence de l'UMP, préalable à une nouvelle candidature à l'élection présidentielle de 2017. Selon Le Parisien et le site internet du Journal du Dimanche, il interviendra le 21 septembre sur le plateau d'un journal de 20 heures pour officialiser ses intentions. Sa victoire au scrutin interne à l'UMP ne fait guère de doute, selon un sondage Harris Interactive pour LCP publié vendredi qui le donne gagnant avec 56% des voix des militants, loin devant ses concurrents. ID:nL5N0RD1OV Pour les responsables socialistes, Nicolas Sarkozy s'imposera ensuite dans la course à la présidentielle face aux anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, qui pourrait faire l'objet d'une primaire à droite. "Il n'y a aucun doute sur le retour de Sarkozy", dit un haut responsable du PS. Pour lui, la bataille de la présidentielle consistera à amener "le candidat socialiste" - la candidature de François Hollande ne va pas de soi pour une partie du PS et une primaire pourrait avoir lieu à gauche pour le désigner - au deuxième tour face à la dirigeante du Front national. "Pour l'heure, la présence de Marine Le Pen au deuxième tour en 2017 semble assez inéluctable", dit-il. Le Premier ministre, Manuel Valls, avait déjà dramatisé les enjeux en juin dernier devant le Conseil national du PS. "Nous pourrions basculer dans une nouvelle ère. Une ère dans laquelle un des grands partis républicains, et sans que cela soit une surprise, peut être absent de ce grand rendez-vous électoral", avait-il déclaré. "Notre pays peut se défaire et se donner à Marine Le Pen." HOLLANDE PLUS "SEUL SUR LE RING" Le retour de Nicolas Sarkozy changera le paysage politique, et pas seulement parce qu'il focalisera l'attention médiatique sur autre chose que les déboires de François Hollande avec son ex-compagne et les bisbilles internes, estime-t-on au PS. "A partir du moment où Nicolas Sarkozy va entrer dans le jeu, on va entrer dans une nouvelle phase", estime un responsable socialiste de haut rang. Jusqu'à présent, ajoute-t-il, "c'était Hollande contre Hollande", à savoir le candidat qui avait fait une campagne marquée à gauche et promis le retour de la croissance contre le président dont le quinquennat est marqué jusqu'ici par des revers économiques et une chute vertigineuse dans les sondages. "Il était seul sur le ring", souligne-t-il, estimant que l'absence de sparring partner est délicate à gérer. Le programme de Nicolas Sarkozy tel qu'attendu par le PS - "il va annoncer 150 milliards d'euros d'économies, la suppression d'un million de fonctionnaires et la remise en cause des 35 heures" - "va recentrer le paysage politique". "Les nouvelles cibles pour le PS seront Nicolas Sarkozy et Le Pen", dit-il en espérant que cela aura pour effet de ressouder un parti tiraillé entre les partisans d'une ligne social-démocrate et ceux qui veulent une inflexion à gauche. "L'arrivée de Nicolas Sarkozy va relativiser les critiques." Pour compléter ce scénario, les sphères dirigeantes du PS estiment que la politique de baisse des charges et des impôts des entreprises, conjuguée à une prise de conscience européenne sur la nécessité de doper la croissance et à une baisse de l'euro déjà amorcée, devrait donner des premiers résultats. En attendant, "il faut tenir", a dit Manuel Valls. (Edité par Yves Clarisse)

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  • newwin le vendredi 12 sept 2014 à 15:14

    pas sur pour sarko qu il se présente