France-Le renoncement aux 3% en 2015 n'amadoue pas les frondeurs

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PARIS, 10 septembre (Reuters) - L'annonce par le gouvernement français qu'il renonce à ramener le déficit public à 3% en 2015 n'affecte pas la détermination des "frondeurs" du Parti socialiste à s'abstenir lors du vote de confiance au gouvernement de Manuel Valls le 16 septembre. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a déclaré mercredi que cet objectif était désormais repoussé à fin 2017 en raison de la faiblesse de la croissance. ID:nL5N0RB1U3 "Cela ne change rien", a déclaré mercredi le député Pouria Amirshahi, pour qui le gouvernement utilise trop ses marges de manoeuvre en faveur des entreprises ou pour réaliser son plan d'économies de 50 milliards d'euros, plutôt que pour soutenir la consommation des ménages modestes ou l'investissement public. L'ampleur de l'abstention au sein du groupe socialiste, qui dispose exactement de la majorité absolue avec 289 députés, mais peut compter sur sur ses alliés radicaus de gauche, est difficile à estimer. Onze députés socialistes s'étaient abstenus le 8 avril dernier lors du vote de confiance du premier gouvernement de Manuel Valls. "Je n'avais pas accordé ma confiance la première fois, je ne vois pas de raison pour que je le fasse cette fois-ci (...) et j'espère qu'on sera plus nombreux", dit Pouria Amirshani. Le 29 avril, 41 députés s'étaient s'abstenus lors du vote du programmes d'économies de 50 milliards d'euros pour 2015-2017 et 33 socialistes s'étaient abstenus le 8 juillet sur le projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale. "La politique qui est menée aujourd'hui n'est pas celle pour laquelle nous avons été élus en 2012", estime un frondeur, qui juge impossible de soutenir un gouvernement qui n'a, selon lui, pas demandé suffisamment de contreparties aux entreprises en échange des baisses de charges consenties. Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, Manuel Valls a défendu la politique de son gouvernement, qui fait selon lui "le choix du refus de l'austérité". "Dans une semaine, ici-même, je poserai la question de confiance, j'engagerai la responsabilité de mon gouvernement. Il y aura une réponse qui sera celle de la majorité, je n'en doute pas un seul instant", a déclaré le Premier ministre. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a de son côté dénoncé les arguments des frondeurs. "Laisser filer la dépense budgétaire pour pouvoir soutenir la croissance, faire plus de dépenses publiques, c'est ce que disent une partie des députés que vous évoquez", a-t-il dit. "Quel est le niveau de déficit budgétaire qui permet de relancer la croissance? Cinq, six, sept, huit, neuf, dix pc (de déficit) ?", s'est-il interrogé pendant le compte rendu du conseil des ministres. (Julien Ponthus, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • LeRaleur le mercredi 10 sept 2014 à 19:11

    Faudra mettre la France sous tutelle. Ça viendra.

  • M5805986 le mercredi 10 sept 2014 à 19:03

    Je suis très déçu qu'ayant voté FH pour éviter que NS ne sévisse encore 5 ans de concert avec son conseiller Buisson, il y ait tant de démagogues au PS et chez les écologistes.

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