France-Le remaniement gouvernemental pourrait avoir lieu jeudi

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    * Le vote à l'Assemblée mercredi lance le compte à rebours 
    * Valls annule un voyage à Stuttgart vendredi 
    * L'Elysée a soumis des noms à la HATVP 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 9 février (Reuters) - Le calendrier du remaniement 
gouvernemental se précise mardi, à la veille du vote solennel 
sur l'inscription dans la Constitution de la déchéance de 
nationalité censé lancer un  compte à rebours qui pourrait 
s'arrêter jeudi ou vendredi.  
    Les consultations et supputations continuent d'aller bon 
train, laissant présager un remaniement plus large que prévu au 
départ impliquant notamment de grands ministères comme les 
Affaires étrangères et la Défense, et l'entrée d'écologistes. 
    La fenêtre de tir se situe entre mercredi soir, après le 
vote à l'Assemblée appelé à mettre fin à des mois de débats 
 , et le début de la semaine prochaine. Mais des 
sources gouvernementales et les agendas pointent vers jeudi. 
    Le Premier ministre Manuel Valls a annulé un déplacement 
prévu tôt vendredi dans la journée à Stuttgart. Le même jour, 
l'agenda officiel du président François Hollande est vide à part 
un dîner avec le Premier ministre des Pays-Bas.  
    Il n'y aura par ailleurs pas de séance à l'Assemblée 
nationale jeudi, chose étonnante selon les experts.   
    Preuve des activités en coulisses, la Haute autorité pour la 
transparence de la vie publique (HATVP) a reconnu avoir reçu de 
l'Elysée "quelques noms ces derniers jours" afin de vérifier les 
patrimoines et la situation fiscale d'éventuels entrants. 
    L'idée est d'éviter un nouveau scandale à la Thomas 
Thévenoud, que des démêlés avec le fisc avaient contraint de 
démissionner neuf jours après sa nomination, le 26 août 2014, 
comme secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur.  
    Une porte-parole de la HATVP a refusé de donner le nombre ou 
l'identité des personnes contrôlées. 
    Pour le poste de ministre des Affaires étrangères, laissé 
vacant par Laurent Fabius en partance pour le Conseil 
constitutionnel, les noms de Ségolène Royal et Jean-Marc Ayrault 
circulent dans les cercles du pouvoir, même si l'on y admet ne 
pas être dans la confidence d'un remaniement géré à l'Elysée. 
     
    RÉHABILITATION D'AYRAULT 
    Un député juge néanmoins "plausible" le retour de l'ancien 
Premier ministre, "démissionné" au profit de Manuel Valls au 
printemps 2014 après 22 mois de service.   
    "Les années Ayrault sont vécues comme une espèce d'âge d'or, 
où l'on réformait", dit-il. "Il y a une réhabilitation le 
concernant".  
    La crise agricole, qui frappe surtout la Bretagne, pourrait 
contrecarrer la volonté de Jean-Yves Le Drian de rester ministre 
de la Défense et président de la région, même si ce niveau de 
pouvoir n'a aucune compétence en matière agricole. 
    Ce proche de François Hollande est resté au gouvernement à 
la demande du président, en dépit de la règle du non cumul 
édictée par l'exécutif.   
    La radicale de gauche (PRG) Sylvia Pinel va quant à elle 
quitter le ministère du Logement pour se consacrer à la 
vice-présidence de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées 
et sera, selon plusieurs sources parlementaires, remplacée par 
le président du mouvement, Jean-Michel Baylet.   
    Les noms de la députée socialiste Sandrine Mazetier, 
vice-présidente de l'Assemblée nationale, tout comme ceux des 
écologistes Barbara Pompili, Emmanuelle Cosse et Jean-Vincent 
Placé, ont également été cités, signe d'une volonté de 
rassembler la gauche à 14 mois de l'élection présidentielle.  
    "Le gouvernement actuel ne résume pas toute la gauche 
responsable. On peut être responsable sans être social-libéral", 
dit un député de l'aile gauche du PS. "Le remaniement doit 
permettre d'éclairer les choses, avec l'objectif d'accéder au 
deuxième tour de la présidentielle."  
    Objet de spéculations de la presse autant qu'au sein des 
cabinets, où la fébrilité est palpable, le remaniement est un 
sujet de badinage entre ministres.   
    "C'est peut-être la dernière fois qu'on nous photographie 
ensemble", plaisantait ainsi, mardi matin à Bercy le ministre 
des Finances, Michel Sapin, à l'adresse de son collègue de 
l'Economie, Emmanuel Macron. 
 
 (Avec Emile Picy et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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