France-Le PS pour une primaire présidentielle encore incertaine

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    * Cambadélis veut une primaire et Hollande est son candidat 
    * Communistes et écologistes rejettent une candidature 
Hollande 
 
    PARIS, 9 avril (Reuters) - Le Parti socialiste s'est 
prononcé samedi pour une primaire afin de désigner le candidat 
de la gauche à l'élection présidentielle de 2017, mais les 
désaccords sur ses modalités, notamment de la participation de 
François Hollande, la rendent incertaine. 
    Lors du conseil national du PS, qui se déroulait en même 
temps qu'une réunion parallèle des écologistes d'EELV sur le 
même dossier, le principe a été acté. 
    "Le conseil national a approuvé le principe d'une primaire", 
a déclaré à Reuters Corinne Narassigin, porte-parole du PS, en 
ajoutant que la date de la première quinzaine de décembre était 
"suggérée" par les autorités du parti. 
    Le PS a repoussé à juin le choix de laisser concourir un 
seul ou plusieurs candidats issus du PS. 
    Mais rien n'est encore acquis. 
    Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, 
estime que François Hollande est le candidat naturel du PS, ce 
qui ferait de la primaire un exercice de confirmation, les 
candidats potentiels des autres composantes de la gauche, PCF ou 
écologistes, faisant dans ce cas de la figuration et étant liés 
par le résultat, ce qu'ils refusent. 
    "Nous sommes favorables, nous sommes disponibles, mais nous 
ne demandons qu'une seule chose qui semble impossible à obtenir 
à ce stade (...), que tout le monde s'engage à être derrière 
celui qui gagne", a-t-il dit à son arrivée à la réunion. 
    Le chef du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno 
Le Roux, a abondé dans le même sens sur France Inter, estimant 
qu'il fallait éviter la dispersion pour être au second tour de 
la présidentielle et éliminer la candidate du Front national. 
    François Hollande "a beaucoup d'arguments à faire valoir", 
a-t-il dit en parlant de ses réformes qui devraient selon lui 
produire leurs effets contre le chômage. "Tout cela, je pense 
qu'il sera en mesure de le valoriser très bientôt." 
     
    HOLLANDE "DISQUALIFIE" SELON LE PCF 
    A l'intérieur du PS, les "frondeurs" ne sont pas prêts à 
accepter que François Hollande soit le candidat naturel du PS. 
    "S'il y a des primaires, c'est bien que Hollande n'est pas 
un candidat automatique", a dit leur leader, Christian Paul. 
    En outre, l'idée même d'une participation de François 
Hollande à la primaire est rejetée par les autres composantes de 
la gauche, sans parler du cofondateur du Parti de gauche, 
Jean-Luc Mélenchon, qui n'a même pas l'intention de s'y plier. 
    "Une primaire citoyenne de la gauche n'a de sens qu'en 
redonnant la parole aux citoyens et en construisant une 
candidature alternative à celle de François Hollande qui est 
disqualifié pour porter les couleurs de la gauche", a déclaré le 
secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dans Le Parisien de 
samedi. 
    Julien Bayou, porte-parole d'EELV, a été encore plus direct 
sur France 3 Paris Ile-de-France. 
    "Quand vous embauchez quelqu'un et qui se plante 
lamentablement, vous n'allez pas lui proposer de revenir au 
second tour. J'ai été un embaucheur de François Hollande en 
2012. Le CDD, il est raté", a-t-il dit. 
    Et s'il s'agit d'une primaire pour valider la candidature de 
François Hollande, alors EELV présentera un candidat qui 
pourrait être l'ancienne ministre Cécile Duflot, a-t-il dit. 
    Le verdict de l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, 
partisan de la primaire qui a estimé dans Le Monde de mardi 
dernier qu'il était "très pessimiste" car "le fossé entre toutes 
les composantes de la gauche et des écologistes ne cesse de 
grandir", risque donc de se vérifier dans les faits. 
    Selon un sondage BVA pour Orange et iTELE publié samedi, 
seuls 44% des Français et 56% des sympathisants de la gauche 
souhaiteraient une primaire PS-EELV alors qu'une primaire de 
l'ensemble de la gauche n'est souhaitée que par 41% des Français 
et 50% des sympathisants de la gauche. 
    Seuls 15% des Français souhaitent que François Hollande soit 
candidat (-5 points en comparaison à février) et 27% (-8pts) des 
sympathisants de la gauche souhaitent sa candidature. 
 
 (Yves Clarisse) 
 
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