France-Le projet santé de Fillon s'invite dans le débat politique

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    * Son programme prévoit une réduction des remboursements 
    * Juppé s'engage à maintenir le taux de remboursement 
    * Touraine s'alarme d'une mesure "antisociale" 
 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - Le programme santé de 
François Fillon s'est invité dans le débat politique vendredi à 
deux jours du second tour de la primaire de la droite et du 
centre, en se retrouvant sous le feu des critiques de ses 
détracteurs qui y voient une rupture avec le principe de 
solidarité de l'assurance maladie.  
    Les échanges au cours de cette primaire organisée en vue de 
l'élection présidentielle de 2017 s'étaient jusqu'à présent 
essentiellement concentrés autour des questions sociétales 
(mariage pour tous, avortement), du nombre de fonctionnaires ou 
de la politique étrangère.  
    Les deux candidats avaient regretté lors du deuxième débat 
télévisé la semaine dernière de ne pas avoir eu l'occasion de 
s'exprimer sur la réforme du système de santé, un sujet jugé 
"fondamental" par Alain Juppé. 
    Jeudi soir, lors de l'ultime débat, François Fillon, donné 
favori pour remporter l'investiture présidentielle dimanche, a 
appelé à "désétatiser" le système de santé français.  
    A l'heure où le déficit du régime général de la sécurité 
sociale devrait atteindre 3,4 milliards d'euros cette année, 
l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a souhaité qu'elle 
se concentre "sur les risques principaux".  
    Il faut "focaliser l'assurance publique universelle 
notamment sur les affections graves ou de longue durée, le 
panier de soins 'solidaire', et l'assurance privée sur le reste, 
le panier de soin 'individuel", peut-on lire dans le volet santé 
de son programme présidentiel.  
    "Les moins favorisés ne pouvant accéder à l'assurance privée 
bénéficieront d'un régime spécial de couverture accrue. Les 
patients seront responsabilisés par l'introduction d'une 
franchise maladie universelle dans la limite d'un seuil et d'un 
plafond". 
     
    "PRIVATISATION DE LA SANTÉ" 
    Ce transfert aux assurances complémentaires de la prise en 
charge des soins courants, hors hospitalisation et affections 
graves a suscité l'indignation de Marisol Touraine. 
    "François Fillon, les mutuelles sont des organismes privés ! 
Vous proposez la privatisation de la santé. Assumez le !", a 
écrit la ministre de la Santé sur Twitter jeudi soir au moment 
du débat.  
    "J'ai fait chiffrer le programme santé de Fillon : chaque 
foyer paiera en moyenne 3.200 euros de plus par an pour se 
soigner", a-t-elle ajouté.   
    Vendredi matin, Alain Juppé, qui a croisé le fer ces 
derniers jours avec son adversaire sur les questions sociétales 
et internationales, a pris ses distances avec la mesure 
préconisée par le député de Paris.  
    "Je ne suis pas d'accord avec cette proposition qui consiste 
à augmenter la franchise non remboursée par l'assurance maladie 
pour transférer une partie du panier de soins à des mutuelles 
qui sont des assurances privées en réalité", a dit le maire de 
Bordeaux sur BFM TV RMC. 
    "Je pense qu'il y a d'autres solutions pour rétablir les 
équilibres de la sécurité sociale et je m'engage à maintenir le 
taux de remboursement si je suis élu", a-t-il ajouté.  
    "Comment faire des économies? On peut mieux gérer les 
caisses d'assurance maladie, on peut lutter contre la fraude, on 
sait qu'elle existe et qu'il y a des marges de manoeuvre 
considérables, on peut améliorer le fonctionnement dans notre 
système de soins, bref il y a d'autres solutions". 
 
 (Marine Pennetier, Sophie Louet et Jean-Baptiste Vey, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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