France-Le projet d'autoroute ferroviaire Atlantique sera revu

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PARIS, 30 avril (Reuters) - L'autoroute ferroviaire Atlantique va faire l'objet de nouvelles études conjointes avec l'Espagne, le gouvernement ayant annoncé jeudi qu'il renonçait au projet lancé en 2013 pour relier le Pas-de-Calais aux Landes. Cette autoroute ferroviaire avait fait l'objet en mars 2014 d'un pré-contrat de concession entre l'Etat et VIIA Atlantique, filiale de la SNCF, en vue d'une mise en service à l'horizon 2016. Le service, qui consiste à placer des remorques de camions sur des trains spéciaux empruntant les lignes existantes, devait relier Dourges, dans le Pas-de-Calais, à Tarnos, dans les Landes, et par extension le nord de l'Europe à l'Espagne. Un an après la signature du pré-contrat, le gouvernement a annoncé jeudi qu'il y renonçait en raison d'incertitudes quant à ses incidences écologiques et à son bien-fondé économique. "L'équilibre total de ce dossier m'a amené à constater qu'il y avait des conséquences pour les populations, que ce projet n'était pas financièrement équilibré et qu'il y avait de gros risques pour l'Etat", a dit le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur France Bleu Gascogne. "C'est un projet qui supposait 375 millions d'euros de financement public, principalement par l'Etat et Réseau ferré de France et le Conseil général de l'investissement avait relevé que ce projet avait une rentabilité négative", a-t-il ajouté. Selon Alain Vidalies, le dossier était "considérablement fragilisé sur le plan juridique" du fait d'une prise en compte insuffisante des impacts écologiques potentiels des travaux, notamment sur le site de Tarnos. L'entourage du secrétaire d'Etat a précisé à Reuters que le gouvernement ne renonçait pas à une autoroute ferroviaire mais à la plate-forme à Tarnos, donc au projet défendu jusqu'alors. "Le principe d'autoroute ferroviaire garde sa pertinence. On recherche un site de plate-forme", a-t-on dit, ajoutant que celui-ci pourrait se faire en commun avec l'Espagne. "Les autorités espagnoles sont porteuses d'un projet de plate-forme à Vitoria", a-t-on ajouté. Ce projet a toutefois un horizon plus lointain, cinq ans environ, que celui auquel le gouvernement a renoncé. Dans l'intervalle, le gouvernement renonce provisoirement à un dispositif qui prévoyait le transport de 85.000 poids lourds et une réduction de 100.000 tonnes de CO2 par an. Le pré-contrat de concession portait sur un montant de 82 millions d'euros. Une source proche du dossier assure que le renoncement à signer n'entraînera pas de pénalité et que seul reste à la charge de l'Etat le coût des études préalables, qui devrait être de l'ordre de 15 millions d'euros sur 375 de budget total. L'autoroute ferroviaire Tarnos-Dourges devait être la troisième créée en France après celle reliant Aiton (Savoie) à Orbassano près de Turin (Italie) et celle entre Bettembourg (Luxembourg) et Le Boulou (Pyrénées-Orientales). (Gregory Blachier et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Sophie Louet)

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