France-Le procès civil de Kerviel reprendra en juin

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    * Le procès civil durera trois jours 
    * La défense de l'ex-trader satisfaite 
    * Celle de la Société Générale aussi 
 
 (Actualisé avec réactions des avocats) 
    VERSAILLES, Yvelines, 29 janvier (Reuters) - La cour d'appel 
de Versailles a décidé vendredi d'ouvrir le volet civil de 
l'affaire Jérôme Kerviel, qui sera rejugé à partir du 15 juin 
prochain pour sa responsabilité dans la perte de 4,9 milliards 
d'euros subie par la Société Générale. 
    Ce procès civil, nouvel épisode d'un feuilleton entamé il y 
a huit ans, s'était ouvert le 20 janvier dernier mais la défense 
de l'ex-trader avait alors réclamé un sursis à statuer, une 
demande finalement rejetée par la cour d'appel. 
    Les avocats de l'ancien opérateur de marché estimaient qu'il 
fallait attendre une décision de la Cour de révision, qui se 
prononcera le 21 mars à leur demande, pour reprendre le dossier 
à Versailles.  
    Mais la cour d'appel a jugé que les autres procédures en 
cours ne devaient pas "entraver" le procès civil et donné 
rendez-vous aux deux parties les 15, 16 et 17 juin pour débattre 
du rôle de l'ancien opérateur de marché et de la banque. 
    A l'origine, Jérôme Kerviel avait été condamné à cinq ans de 
prison dont trois fermes et à verser à la Société Générale 
l'équivalent de l'intégralité des pertes en guise de 
dommages-intérêts. 
    Par la suite, la Cour de cassation a confirmé en 2014 le 
volet pénal de l'affaire - la peine de prison - mais rejeté la 
somme demandée par la Société Générale, en reprochant à la 
banque d'avoir failli dans ses mécanismes de contrôle. 
    "Le dossier de toutes les surprises", comme l'a rebaptisé la 
semaine dernière l'avocat de Jérôme Kerviel David Koubbi, a 
connu un nouveau coup de théâtre le 17 janvier avec la mise en 
ligne d'un enregistrement clandestin des propos d'une ancienne 
magistrate du parquet de Paris, qui a suivi l'affaire. 
     
    "STRIKE" 
    Selon des extraits de retranscriptions diffusés par 
Mediapart et 20 Minutes, Chantal de Leiris met en cause la 
hiérarchie de Jérôme Kerviel et son employeur qui, selon elle, a 
"manipulé" l'enquête. 
    "Quand vous en parlez, tous les gens qui sont un peu dans la 
finance, ils rigolent, sachant très bien que la Société générale 
savait. La Société générale savait, savait, c'est évident, 
évident", déclarait-elle en juin 2015.  
    Ces déclarations sont venues conforter la défense de 
l'ex-trader qui, parallèlement à la procédure devant la cour 
d'appel de Versailles, demande la révision complète du procès.  
    La commission d'instruction de la Cour de révision a examiné 
en début de semaine dernière la recevabilité de la requête et 
mis sa décision en délibéré au 21 mars.  
    "Le biais juridique retenu nous importe peu, du moment que 
ce procès ne s'est pas tenu la semaine dernière", s'est réjoui 
David Koubbi vendredi après-midi. 
    A l'inverse, Jean Veil, qui représente la Société Générale, 
a vu dans la décision de la cour d'appel une "victoire". 
    "Si nous étions au bowling, je dirais que (la Société 
Générale) fait un strike. (...) Une fois de plus, M. Kerviel est 
désavoué par ses demandes judiciaires excessives", a-t-il dit à 
la presse. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 

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