France -Le patronat mobilisé contre la politique du gouvernement

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* Un mouvement de "ras-le-bol" des chefs d'entreprise * Trois dispositifs, dont le compte pénibilité, cristallisent leur colère * Meeting unitaire mercredi à Lyon (Actualisé avec manifestations) PARIS, 1er décembre (Reuters) - Le président du Medef, Pierre Gattaz, a appelé lundi le gouvernement à mettre ses actions en conformité avec ses "belles paroles", au premier jour d'une semaine de mobilisation du patronat contre la politique économique de l'exécutif. L'ensemble des organisations patronales sont derrière ce mouvement de "ras-le-bol" décidé début novembre mais seule la CGPME a appelé à descendre dans la rue, à Paris où le cortège s'est rendu lundi devant le ministère de l'Economie et des Finances, et à Toulouse. ID:nL6N0TL29D Le point d'orgue de cette mobilisation sera un meeting unitaire qui réunira mercredi le Medef, la CGPME et l'Union des professions artisanales à Lyon, là même où les deux premières avaient décerné fin 2013 un "carton jaune" au gouvernement. Un an plus tard, l'exaspération des chefs d'entreprise, tout particulièrement des PME et des TPE, est montée d'un cran. Leur colère se cristallise contre trois dispositifs : le compte pénibilité lié à la réforme des retraites, l'obligation d'informer en amont des salariés en cas de projet de cession d'une PME (loi Hamon) et l'instauration d'une durée de travail minimum de 24 heures par semaine pour le temps partiel. "Il faut revoir ces dispositifs, les surseoir, voire les supprimer", a dit Pierre Gattaz sur Europe 1, en les jugeant "anti-économiques", coûteux et complexes à mettre en oeuvre. Selon lui, ils vont à l'inverse des "belles paroles" du gouvernement sur la simplification des normes et la baisse du coût du travail. "Nous avons besoin de mesures qui soient en conformité avec les beaux discours", a-t-il déclaré. "MOBILISATION PÉDAGOGIQUE" Le président du Medef s'est fait écho en outre d'un "ras-le-bol" des patrons face à "la fiscalité qui continue de monter contrairement aux promesses". Il a souligné que les entreprises, auquel le gouvernement a promis 40 milliards d'euros de baisse de charges et d'impôt d'ici 2017, n'ont vu pour l'instant qu'un "début" de crédit d'impôt compétitivité emploi au regard d'une fiscalité qui a augmenté de 42 milliards depuis 2010. La CGPME a manifesté dans la rue avec comme mot d'ordre "PME/TPE CadenASSEZ ! Libérez nos entreprises !" et a réuni, selon ses propres décomptes, environ 10.000 personnes au total à Paris et Toulouse et 4.700 selon la police. "Depuis quelques années, tout augmente - les charges, l'assurance, le loyer, les fournisseurs, la mutuelle. Nos marges sont de plus en plus réduites. Il y a des salariés qui gagnent mieux leur vie que des patrons, est-ce normal ?", demandait Jeanique Calogero, gérante d'un salon de coiffure à Toulouse. Refusant de se joindre aux défilés, le Medef a privilégié une "mobilisation pédagogique" pour sensibiliser les élus. L'UPA, qui représente un secteur de l'artisanat fragilisé par la stagnation de l'économie française, a choisi de publier mardi une lettre ouverte à François Hollande pour exprimer "l'urgence d'améliorer l'environnement des entreprises." Un bus de l'organisation fera étape cette semaine dans plusieurs villes pour défendre le slogan "la croissance et l'emploi, c'est nous !." Le président du Medef a d'autre part répondu au porte-parole du gouvernement, Stéphane Le foll, qui avait estimé dimanche qu'"il y a un problème Gattaz". ID:nL6N0TK0T7 "Le vrai problème, c'est le chômage, mon obsession c'est l'emploi, tout ce que je fais, c'est à l'aune de l'emploi", a-t-il dit, ajoutant que la création d'un million d'emplois évoquée par le Medef était possible "si on nous écoute". (Yann Le Guernigou, avec Grégory Blachier, et Johanna Decorse à Toulouse, édité par Yves Clarisse)

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  • M8252219 le lundi 1 déc 2014 à 14:29

    Il faut mettre en route la TVA sociale tous les français plus"d'autres"bénéficient du régime social en place par des allocations des indemnités des aides de toutes sortes!TOUS DOIVENT PARTICIPER À SON FINANCEMENT.Ce n'est pas équitable que les salariés et les entreprises soient les seuls à financer notre régime social.Les salaires nets seraient réévalués,actuellement 60% de charges pèsent sur chaque salaire,le pouvoir d'achat relancerait la consommation et l'emploi.