France-Le patronat entre en guerre contre le compte pénibilité

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 (Actualisé avec Marisol Touraine §§ 4-5) 
    PARIS, 29 juin (Reuters) - Le patronat est entré en 
résistance contre le compte pénibilité, dont un nouveau volet 
entre en vigueur le 1er juillet, en menaçant de ne pas appliquer 
ce dispositif de prévention des conditions de travail pénibles. 
    "Nous ne savons pas appliquer la loi (...) Sur les six 
nouveaux critères, nous ne savons pas faire", a déclaré mercredi 
le président du Medef, lors d'une rencontre avec la presse. 
    "Rendez-vous dans deux jours, on ne saura pas faire (...) On 
a alerté le gouvernement depuis des semaines, des mois", a 
ajouté Pierre Gattaz, selon qui "l'administration ne sait pas 
faire non plus." 
    La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a 
dénoncé la position du patronat, jugeant que "la démocratie ne 
s'arrête pas aux portes du Medef".  
    "Pierre Gattaz met en difficulté les entreprises et 
s'attaque aux droits des Français", a-t-elle écrit sur Twitter. 
    Le Compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP), 
intégré au Compte personnel d'activité (CPA) créé par le projet 
de loi Travail en cours d'examen au Parlement, attribue des 
points aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles 
ou à des risques professionnels. 
    Ce compte, plafonné à 100 points sur l'ensemble de la 
carrière, ouvre droit à une formation professionnelle pour 
accéder à un emploi moins exposé, à un passage à temps partiel 
sans baisse de rémunération ou à une retraite anticipée.  
    Dix facteurs de pénibilité ont été recensés dans le cadre de 
la dernière réforme des retraites. 
    Les quatre premiers (travail de nuit, en équipes alternées, 
répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont 
pris en compte depuis janvier 2015. 
    Les six autres (manutention de charges lourdes, postures 
pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents 
chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit) sont censés 
être pris en compte à partir de vendredi. 
    Le patronat livre depuis le début une bataille acharnée 
contre un dispositif qu'il juge beaucoup trop contraignant, 
notamment pour les PME et très petites entreprises. 
    L'Union professionnelle artisanale (UPA) a demandé le report 
de l'application des six nouveaux facteurs de pénibilité en 
invoquant le fait que les "référentiels de branche" pour évaluer 
ces critères ne seraient pas prêts pour le 1er juillet. 
    La CGPME a pour sa part lancé une campagne pour démontrer, 
exemples à l'appui, le caractère inapplicable, selon elle, de ce 
dispositif, inspiré et défendu par la CFDT.  
 
 (Emmanuel Jarry avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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