France-Le parquet requiert la relaxe de Marine Le Pen

le , mis à jour à 18:55
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* Le parquet estime que l'infraction n'est pas caractérisée * Marine Le Pen dénonce une "persécution judiciaire" (Actualisé avec date jugement) LYON, Rhône, 20 octobre (Reuters) - Le procureur de la République a requis mardi la relaxe de Marine Le Pen, jugée à Lyon pour avoir comparé en 2010 les prières de rue musulmanes à l'Occupation, considérant que l'infraction n'était pas suffisamment caractérisée. Le jugement sera rendu le 15 décembre. "Les propos ne visent pas l'ensemble de la communauté musulmane", a déclaré le représentant du parquet, rappelant qu'il n'était pas à l'origine des poursuites. Le magistrat a reconnu que les propos prononcés par Marine Le Pen pouvaient être "choquants" mais a estimé qu'ils "faisaient partie de la liberté d'expression". "C'est une opinion, et il n'y a pas de délit d'opinion. La violence du verbe fait partie du quotidien des politiques, même si on peut le déplorer", a-t-il ajouté. "Vous ne pourrez pas condamner Madame Le Pen". La présidente du Front national, poursuivie pour "provocation à la discrimination en raison de l'appartenance à une religion", encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende. A son arrivée au tribunal de grande instance de Lyon, elle s'était déclarée victime d'une "persécution judiciaire". "Je suis encore une fois non seulement dans mon droit comme responsable politique d'évoquer un sujet fondamental, mais c'est même un devoir pour moi de le faire", a-t-elle dit devant les micros tendus autour d'elle. Marine Le Pen a souligné la quasi-concomitance de ce renvoi en correctionnelle avec les élections régionales de décembre, qu'elle explique par une manoeuvre politique dirigée par le gouvernement. "CA NE POUVAIT PAS ATTENDRE UN MOIS ?" "Nous sommes à un mois des élections régionales alors que cette affaire a cinq ans. Ça ne pouvait pas attendre un mois ?", a dit la présidente de la formation d'extrême droite, tête de liste de son parti dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon avait annulé en 2014 la procédure visant Marine Le Pen pour ses propos, jugeant que l'association qui avait déposé plainte était irrecevable à le faire. Mais il y a eu ensuite une plainte avec constitution de partie civile du Mrap et d'autres associations de défense des droits de l'homme. En décembre 2010, pendant une réunion publique à Lyon, Marine Le Pen, alors en campagne pour la présidence du FN, avait dénoncé dans un discours les "prières de rue". "Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire", avait-elle déclaré. "Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants", avait-elle ajouté. Devant le tribunal, Marine Le Pen a réfuté les accusations d'islamophobie. "Je ne remets pas en cause dans mes propos la liberté de culte, il n'y a pas d'islamophobie, personne ne conteste le droit de chacun de vivre sa foi", a-t-elle dit. Elle a assuré qu'elle ne parlait pas de "l'Occupation avec un grand 'O'", celle de la Seconde Guerre mondiale, "mais de l'occupation avec un petit o", qu'elle réduit à l'occupation de la voie publique. "Il n'y a pas de référence à la Seconde Guerre mondiale", a-t-elle assuré. La dirigeante du FN a dit assumer ses propos tenus en 2010. "Les prières de rue sont un acte politique engagé par des imams radicaux, c'est une provocation à l'égard de la République. Je m'oppose au voile, à la burka, aux prières de rue, ce sont des idées politiques. Et je ne suis pas la seule à le penser car la République française les a interdits". (Catherine Lagrange, édité par Simon Carraud)

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  • M940878 le mardi 20 oct 2015 à 17:45

    c'est un minimum ! les membres de la secte , eux , devraient être poursuivis pour entrave à la libre circulation et à la pratique d'une croyance dans nos rues