France-Le parquet favorable à l'extradition du russe Kouznetsov

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LYON, 18 septembre (Reuters) - L'avocat général de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon s'est prononcé jeudi pour l'extradition vers la Russie d'Alexeï Kouznetsov, ancien ministre des Finances de la région de Moscou, poursuivi pour une fraude financière estimée à 400 millions d'euros. Les débats se sont tenus au cours d'une audience accompagnée d'un impressionnant service de sécurité avec la présence de quatre membres du GIGN lourdement armés et équipés. La Russie reproche à son ressortissant d'avoir racheté, entre 2005 et 2008, par le biais d'un système complexe, les dettes de collectivités locales garanties par Moscou et d'avoir contracté d'autres prêts qu'il aurait détournés à son profit. Toujours selon l'accusation, les fonds auraient profité d'un système de blanchiment passant par deux hôtels installés à Courchevel, dans les Alpes, et propriété de Janna Bullock, épouse américaine d'Alexeï Kouznetsov. Celui-ci a quitté son pays en 2008 pour s'installer en France à Gassin, près de Saint-Tropez, où il a été interpellé le 5 juillet 2013. Son épouse, dont il est en train de divorcer, et ses enfants, sont installés, eux, à New York. La défense évoque un procès politique. KOUZNETSOV CRAINT POUR SA VIE "J'ai peur pour ma vie", a expliqué à la barre Alexeï Kouznetsov. Son conseil a demandé à la cour de visionner un reportage tourné dans la colonie pénitentiaire numéro 6 où l'ancien ministre pourrait incarcéré. "On y parle du nombre élevé de suicides, des détenus traînés par terre, battus au sang, a expliqué son avocat Grégoire Rincourt, dont la demande n'a pas été retenue par la cour. "Il y a trop de choses qui n'ont jamais existé et qui ne sont pas confirmés par les faits", a expliqué Alexeï Kouznetsov, selon lequel "l'accusation ne présente aucun document". Il a également assuré avoir quitté son pays en juillet 2008 "parce que la situation politique était devenue très difficile à Moscou". Et raconté avoir pris peur lorsque, après sa démission, un de ses amis a été tué après l'avoir rencontré. "J'ai alors compris que je ne pourrai pas revenir", a-t-il confié. Son avocat estime que son client "peut être jugé ailleurs qu'en Russie où il risque d'être torturé". Le représentant du parquet russe, Denis Grunis, a expliqué que trois ans d'enquête avaient été nécessaires pour mettre à jour un système complexe "qui a permis de transférer les fonds du contribuable à la banque" d'Alexeï Kouznetsov. Pour l'avocat général, ce dossier remplit cependant toutes les conditions d'une extradition, relevant que d'anciens amis politiques de l'ex-homme politique avaient, depuis, poursuivi une carrière politique en Russie sans être inquiétés. En janvier, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait accordé l'extradition de Kouznetsov, mais la décision a été cassée en avril par la cour de cassation. La décision de la cour d'appel de Lyon a été mise en délibéré au 17 octobre. Le 25 septembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon doit examiner une nouvelle demande d'extradition vers la Russie concernant l'homme d'affaire et homme politique kazakh Moukhtar Abliazov. (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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