France-Le parquet de Paris fait appel dans l'affaire Tarnac

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PARIS, 10 août (Reuters) - Le parquet de Paris fait appel de l'abandon par la juge d'instruction chargée du sabotage présumé de lignes TGV en 2008 de la qualification "terroriste" retenue initialement contre trois des huit prévenus, a-t-on appris lundi de source judiciaire. La juge Jeanne Duyé a décidé vendredi de renvoyer devant le tribunal correctionnel de Paris pour simple association de malfaiteurs ces trois militants libertaires : Julien Coupat, chef de file du groupe, sa compagne Yildune Lévy et son ex-compagne Gabrielle Hallez. Or le parquet avait requis la qualification aggravante d'entreprise terroriste pour les faits reprochés à ces trois personnes, le noyau dur du groupe dit de Tarnac, village de Corrèze où ses membres se retrouvaient. Cette qualification rend les personnes visées passibles d'une peine maximum de dix ans de détention, alors qu'elle n'est que de cinq ans si elle n'est pas retenue. "Le parquet de Paris fait appel de l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction", a-t-on dit à Reuters de source judiciaire. "Il considère que, conformément à ses réquisitions, les faits relèvent d'une qualification terroriste." Les trois principaux prévenus sont accusés d'avoir saboté la caténaire de la ligne Est du TGV avec un crochet métallique à Dhuisy, en Seine-et-Marne, et à Vigny, en Moselle. Le parquet de Paris a également fait appel d'un non lieu partiel prononcé par le juge pour le volet Vigny de l'affaire. Il considère que "ces faits sont constitués", a-t-on précisé à Reuters de même source. Les avocats des prévenus Marie Dosé et William Bourdon, cités par la presse, ont jugé "courageuse" l'ordonnance de renvoi de la juge Jeanne Duyé, après presque sept ans d'enquête et d'instruction, et estimé qu'elle sonnait comme un "désaveu total" pour le ministère public. "L'ordonnance dont nous avons eu connaissance est parfaitement motivée", a dit Marie Dosé à iTELE après l'annonce de l'appel du parquet. "Il n'y a aucune charge s'agissant d'un des faits pour lesquels les mis en examen avaient été au départ, en tout cas, mis en cause. Et il n'y a aucune charge non plus s'agissant de la qualification terroriste." "Il est un petit peu compliqué pour le parquet d'assumer tout cela. Donc il choisit plutôt un rapport de force idéologique (...) Dont acte. Nous nous battrons", a ajouté l'avocate. C'est maintenant à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris de trancher. (Emmanuel Jarry, édité par Marine Pennetier)

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