France-Le parquet contre la remise d'une militante à l'Espagne

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    BORDEAUX, 11 octobre (Reuters) - Le parquet général de Pau 
(Pyrénées-Atlantiques) a requis mardi la non-remise à l'Espagne 
d'Émilie Martin, militante basque qui fait l'objet d'un mandat 
d'arrêt européen (MAE) émis par Madrid pour "participation à une 
organisation terroriste", a-t-on appris auprès de son avocate. 
    Le juge espagnol de l'Audiencia Nacional qui a émis le MAE 
en avril reproche à Émilie Martin ses activités au sein de 
Herrira, une association considérée en Espagne comme proche des 
séparatistes de l'ETA mais dont les activités en France de 
défense des prisonniers basques sont légales. 
    "L'avocat général s'oppose dans ses réquisitions à 
l'exécution du MAE en raison de l'inadéquation entre les faits 
et la qualification retenue, et au fait que les faits reprochés 
ont été commis sur le territoire français", a indiqué à Reuters 
Me Maritxu Paulus-Bazurco jointe par téléphone à l'issue d'une 
audience devant la chambre de l'instruction. 
    Elle a rappelé que les autorités espagnoles avaient lancé 
une commission rogatoire internationale demandant à la justice 
française de mettre en examen Émilie Martin, ce à quoi le juge 
saisi s'est opposé, proposant seulement qu'elle soit entendue 
comme témoin. 
    "De plus, les faits ne sont pas datés. Je crois que c'est le 
mandat d'arrêt européen où on a le plus de motifs de refus, un 
cas d'école", a ajouté l'avocate. La chambre de l'instruction 
rendra sa décision le 18 octobre. 
    Émilie Martin est la sœur d'Aurore Martin, militante basque 
visée elle aussi par un MAE qui avait été interpellée par les 
autorités françaises et remise à la justice espagnole en 
novembre 2012. Elle est la seule basque de nationalité française 
à l'avoir été à ce jour, selon Me Paulus-Bazurco. 
    Placée en détention provisoire, Aurore Martin avait été 
remise en liberté sous caution deux mois plus tard. Elle a été 
condamnée à l'automne 2015 à un 20 mois de prison mais une 
transaction lui a permis d'échapper à la prison comme à la 
trentaine d'autres prévenus dans le même procès.  
 
 (Claude Canellas, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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