France-Le pardon sélectif du fondateur de PIP à ses victimes

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    AIX-EN-PROVENCE, 25 novembre (Reuters) - Jean-Claude Mas, 
fondateur d'une entreprise qui a commercialisé des dizaines de 
milliers d'implants mammaires frelatés, a demandé mercredi un 
pardon sélectif à la trentaine de victimes encore présentes en 
clôture de son procès en appel. 
    "Je demande pardon aux victimes, mais uniquement pour la 
tromperie. Le gel PIP n'est pas dangereux", a-t-il dit à propos 
du "gel maison", dont il a ordonné de remplir les implants 
mammaires à la place du gel homologué, plus cher. 
    "Il faut être sacrement solide quand on est une victime et 
qu'on lit dans les journaux qu'on est porteuse d'une bombe. 
C'est ça qui est monstrueux", a-t-il poursuivi à la barre, 
accusant les médias d'avoir exagéré l'affaire. 
    La cour d'appel a mis sa décision en délibéré au 2 mai, 
comme pour les autres prévenus. 
    L'avocat général avait demandé mardi la confirmation de la 
peine du tribunal correctionnel de Marseille qui, le 10 décembre 
2013, a condamné Jean-Claude Mas à quatre de prison et à 75.000 
euros d'amende. 
    Le magistrat, qui a évoqué de trop nombreuses "vies de 
femmes gâchées", a explicitement réclamé que la peine 
d'emprisonnement le visant soit "mise à exécution dans les 
meilleurs délais". 
    Il a également demandé la confirmation des peines à 
l'encontre des autres ex-cadres de l'entreprise, à l'exception 
d'une aggravation de celle de Jean-Claude Couty, le président du 
directoire, à l'encontre duquel il a requis quatre ans de 
prison, dont une partie avec sursis, et 50.000 euros d'amende. 
Trois ans, dont deux avec sursis et 30.000 euros d'amende, 
avaient été prononcés en première instance. 
    Selon le dernier bilan officiel de l'Agence nationale de 
sécurité du médicament (ANSM), en juillet 2015, 18.402 femmes 
sur 30.000 femmes porteuses en France ont choisi de se faire 
retirer leurs implants PIP, soit à la suite d'un 
dysfonctionnement, soit à titre préventif. 
    Au total, 8.524 dysfonctionnements et 5.650 effets 
indésirables ont été déclarés à l'organisme de santé. Les cas de 
rupture de prothèse représentent 67,1 % des dysfonctionnements 
ayant entraîné une explantation. 
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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