France-Le "ni gauche ni droite" de Hollande sur l'Europe

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PARIS, 5 février (Reuters) - François Hollande a déclaré jeudi qu'il n'entendait faire ni "une Europe de gauche" ni une "Europe de droite" et plaidé pour le compromis avec l'Allemagne d'Angela Merkel. Le chef de l'Etat français a ainsi pris le risque de hérisser la gauche de son Parti socialiste et l'extrême gauche française, regonflées par la victoire de Syriza en Grèce et la montée en puissance de son équivalent espagnol, Podemos. "Je ne fais pas une Europe de gauche. Si je faisais une Europe de gauche, ce serait une petite Europe en ce moment", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse. "Mais je ne fais pas une Europe de droite parce que ce n'est pas la conception que j'ai de l'Europe." "Je fais avancer l'Europe et pour faire avancer l'Europe, il y a d'abord le compromis que nous devons avoir chaque fois avec l'Allemagne pour montrer le chemin", a-t-il ajouté. Il ne peut y avoir d'Europe forte sans ce lien "robuste" entre Paris et Berlin, même si cela n'empêche pas, parfois, les différences d'approche, a-t-il insisté. François Hollande a également déclaré qu'il n'y avait pas, à ses yeux, une Europe des riches contre une Europe des pauvres ou une Europe du Nord contre une Europe du Sud. Quand un pays de l'Union européenne, comme la Grèce, est en difficulté, le devoir de l'UE est de faire preuve de solidarité "mais aussi de faire des réformes", a-t-il poursuivi. Il a fait valoir à ce propos que la France prenait sa part des réformes structurelles entreprises en Europe mais devait encore "travailler" au redressement de ses comptes publics, tout en plaidant de nouveau pour un soutien de l'UE à la croissance. L'aile gauche de sa majorité et l'extrême gauche française, qui n'ont de cesse de dénoncer une Europe sous influence de la chancelière allemande, voient dans la victoire de Syriza et la percée de Podemos le signe d'une montée en puissance des opposants aux "politiques d'austérité" en Europe. Elles reprochent également à François Hollande d'avoir oublié sa promesse d'infléchir les politiques européennes et de s'être rallié à cette Union selon eux "allemande". (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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