France-Le ministre de l'Economie privé de loi Macron 2

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    * Macron devra se contenter d'amendements à d'autres textes 
    * Il nie avoir menacé de démissionner 
    * Le ministre veut pousser jusqu'au bout à la réforme 
 
 (Actualisé avec contexte) 
    PARIS, 20 janvier (Reuters) - Il n'y aura pas de loi Macron 
2 et le texte sur les nouvelles opportunités économiques (#noe) 
dont le ministre de l'Economie avait esquissé les grandes lignes 
fin 2015   se déclinera sous forme d'amendements à 
des projets portés par d'autres membres du gouvernement. 
    Emmanuel Macron l'a annoncé en personne mercredi sur BFM TV, 
tout en assurant qu'il voulait rester au gouvernement pour 
pousser à "aller encore plus loin" sur la voie des réformes. 
    Cette mise au point intervient sur fond de tensions autour 
du ministre, tenté selon la presse de claquer la porte face à la 
volonté prêtée à certains, dont le Premier ministre Manuel 
Valls, de freiner les réformes pour ne pas brusquer la gauche 
avant l'élection présidentielle de 2017.   
    Dans ce contexte, l'hypothèse d'une fusion entre le projet 
#noe et la loi sur le dialogue social de la ministre du Travail 
Myriam El Khomri était envisagée, ne serait-ce que pour éviter, 
comme pour la loi Macron 1, un recours à l'article 49-3 rendu 
nécessaire par la défection de députés PS frondeurs. 
    Aujourd'hui, le ministre le plus populaire dans les 
sondages, Emmanuel Macron, n'y voit pas un désaveu.  
    Il en veut pour preuve que François Hollande a évoqué, lors 
de la présentation lundi de son nouveau plan pour l'emploi, 
plusieurs éléments de #noe, comme la nécessité de favoriser la 
création d'entreprises et le travail indépendant, par exemple en 
facilitant l'accès à certaines professions, comme coiffeur. 
    Et il a démenti avoir eu "l'indécence" de menacer de quitter 
le gouvernement.  
    "Si j'étais dans une telle situation, j'aurais la discussion 
 avec la seule personne avec qui j'ai à avoir cette discussion,  
c'est le président de la République et je ne l'ai pas eue", 
a-t-il dit. 
     
    ACCROC À LA RÉFORME RADICALE 
    Mais il a indiqué clairement qu'il ne renoncerait pas à 
tenter de réformer jusqu'au bout, au-delà des annonces faites 
lundi par le chef de l'Etat. 
    "Je pense que ce sont des mesures très importantes, le 
président de la République a lui-même ouvert des voies (...), il 
faut s'y engouffrer, pousser, c'est aussi mon rôle dans le 
gouvernement, pour aller encore plus loin." 
    "Je ne suis pas un garçon gâté", s'est encore défendu le 
jeune ministre, "je suis là, j'irai jusqu'au bout, je serai dans 
le gouvernement de Manuel Valls aussi longtemps que François 
Hollande le voudra". 
    En attendant, s'il exposera prochainement la stratégie qui 
sous-tendait #noe, sans doute à l'occasion de ses voeux à la 
presse à la fin du mois, son contenu sera saucissonné en 
amendements à des projets de loi portés par d'autres. 
    Certains seront rattachés à la loi sur le numérique, 
d'autres à la loi El Khomri, notamment sur la création 
d'entreprises et d'autres enfin, notamment sur le financement 
des entreprises innovantes, à un projet de loi du ministre des 
Finances Michel Sapin.     
    "Je ne suis candidat à aucun poste ministériel, je ne suis 
candidat à aucun texte de loi, mais je suis farouchement 
accroché à la réforme radicale et à ce qu'on avance dans le 
pays. (...) Si je pensais que je n'avais pas les mains libres, 
je ne serais pas devant vous", a conclu Emmanuel Macron. 
    Fidèle à son franc-parler, il s'est prononcé, en réponse à 
une question, pour une réforme des règles de l'assurance 
chômage, même s'il s'est défendu de vouloir "préempter les 
choses" à l'heure où les partenaires sociaux doivent engager des 
discussions sur le sujet. 
 
 (Yann Le Guernigou, Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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