France-Le meurtre de policiers accroît la pression sécuritaire

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    * Le meurtre de policiers accroît la demande de répression 
    * Hollande veut garder l'équilibre entre sécurité et liberté 
    * L'opposition de droite divisée sur de nouvelles mesures 
 
    PARIS, 15 juin (Reuters) - La sidération provoquée en France 
par le meurtre d'un couple de policiers tués lundi devant leur 
enfant de trois ans accroît la pression pour la mise en place de 
mesures de sécurité s'éloignant de certains principes 
démocratiques. 
    Depuis les attentats de janvier et de novembre, des verrous 
ont sauté les uns après les autres, de l'assouplissement de la 
légitime défense pour les policiers aux contrôles d'internet, en 
passant par la prolongation de l'état d'urgence.  
    L'attaque par des "casseurs" criant leur haine de la police, 
mercredi, en marge de la manifestation contre la loi Travail,  
de l'hôpital pour enfants Necker où est hospitalisé le garçonnet 
du couple de policiers, a encore alourdi le climat. 
    Au point que François Hollande a déclaré mercredi en conseil 
des ministres que les manifestations seraient désormais 
interdites "si les conditions de la préservation des biens des 
personnes et des biens publics ne sont pas garantis", selon des 
propos rapportés par le porte-parole du gouvernement. 
    La CGT, accusée par le Premier ministre, Manuel Valls, 
"d'ambiguïté" avec les fauteurs de troubles a vivement réagi à 
cette mise en cause.      
    Décrivant les "conditions atroces" du double meurtre de 
Magnanville (Yvelines) revendiqué par l'Etat islamique (EI) et 
où la femme policier a été tuée "devant son propre enfant", le 
président français a assuré mercredi que son gouvernement 
trouverait un équilibre. 
     
    PAS DE SURENCHÈRE, DIT VALLS 
    "Nous prenons conscience qu'il nous faut à la fois répondre 
à l'urgence, toujours l'urgence, protéger nos concitoyens, avec 
la force nécessaire, sans rien oublier de nos valeurs, en 
sachant que ce qui est en cause, c'est la liberté, et que nous 
devons à la fois pourchasser ceux qui veulent atteindre notre 
liberté, et en même temps le faire avec les idées de la 
liberté", a-t-il dit à des journalistes. 
    Manuel Valls a promis mardi devant les députés socialistes 
de ne pas entrer dans la surenchère. "Nous n'allons pas adopter 
à chaque fois une nouvelle mesure", a-t-il dit, tout en se 
déclarant prêt à étudier les propositions de la droite. 
    Les policiers, qui se sentent désormais comme des cibles 
potentielles, y compris en dehors de leur travail, ont néanmoins 
obtenu de pouvoir garder leur arme en dehors de leur service. 
    Pour Jérôme Fourquet, de l'institut Ifop, la menace 
terroriste entraîne une demande de répression et d'autorité 
croissante dont le Front national est le principal bénéficiaire. 
    "Mais nous sommes déjà 'au taquet' de ce que peut se 
permettre un régime démocratique", dit-il dans Libération, paru 
mercredi, alors que les propositions se multiplient. 
    "Une large majorité des sondés est favorable à l'internement 
préventif des fichés S ou à la déchéance de nationalité pour les 
terroristes. Le débat sur la peine de mort ou la 'perpétuité 
réelle' revient aussi", souligne-t-il. 
     
    DÉBAT SUR LES CENTRES DE RÉTENTION 
    Selon le sondeur, "on assiste à un questionnement de la 
démocratie libérale". 
    Une partie de la droite, dont le député Les Républicains 
(LR) Eric Ciotti, souhaite des centres de rétention pour les 
personnes surveillées et susceptibles de passer à l'acte.  
    "Je ne suis pas contre les centres de détention. C'est un 
outil parmi d'autres et ça ne résoudra pas tout", a dit la 
députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet sur Radio Classique. 
    "C'est moi-même qui ai lancé l'idée il y a quelques mois de 
la (...) vraie détention à perpétuité", a-t-elle ajouté.  
    Mais plusieurs ténors du parti rejettent cette idée, 
préférant insister sur la nécessité de renforcer les services. 
    "Il ne faut pas créer de Guantanamo en France et il ne faut 
pas mettre dans des camps de rétention des milliers de personnes 
sans aucun discernement, ce n'est pas la solution", a déclaré 
l'ex-Premier ministre François Fillon sur Europe 1. 
    "La solution est l'application stricte du code pénal. Il 
faut maintenir l'état de droit tout en étant plus sévère." 
    Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a lui aussi 
refusé l'idée de créer des centres de rétention, rappelant sur 
France Info que la justice ne jugeait pas "les intentions" mais 
"les faits". 
    Il a souligné que le Conseil d'Etat avait tranché dès 
décembre 2015, relevant que la création de tels centres 
impliquerait une modification de la Constitution. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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