France-Le Medef somme la CFE-CGC de soutenir la loi Travail

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    PARIS, 11 mars (Reuters) - Le président du Medef, Pierre 
Gattaz, a sommé cette semaine la présidente de la CFE-CGC de ne 
pas faire obstacle au projet de réforme du Code de travail, sous 
peine de cesser de soutenir son "combat pour les cadres", a 
appris Reuters vendredi auprès de la direction du syndicat de 
l'encadrement. 
    La CFE-CGC est, avec la CFDT, la CFTC et l'UNSA, un des 
syndicats réformistes qui exigent des modifications importantes 
de ce projet de loi, salué par le Medef mais contesté jusqu'au 
sein du Parti socialiste au pouvoir. 
    La CFE-CGC menace de manifester contre ce texte, comme la 
CGT et Force ouvrière, qui en demandent la "suspension" ou le 
retrait pur et simple, si le gouvernement n'obtempère pas. 
    Cette position agace manifestement la première organisation 
patronale française, à en juger par des "SMS" envoyés cette 
semaine à la présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert. 
    Dans ces messages, dont Reuters a eu connaissance, Pierre 
Gattaz juge "incompréhensible et nuisible" l'attitude 
"cégétiste" de la CFE-CGC, l'accuse d'avoir déjà "planté" les 
négociations entre les partenaires sociaux sur la modernisation 
du dialogue social et menace de ne plus la soutenir dans les 
discussions sur le statut des cadres si elle persiste. 
    Patronat et syndicats n'étaient pas parvenus en janvier 2015 
à s'entendre sur une réforme des instances représentatives du 
personnel et du dialogue social dans les entreprises, obligeant 
le gouvernement à reprendre la main sur ce dossier. 
    Ils ont en revanche conclu l'automne dernier un accord sur 
les retraites complémentaires des salariés du secteur privé, qui 
prévoyait l'ouverture de négociations sur le statut des cadres, 
une revendication de la CFE-CGC. 
    Interrogé par Reuters, l'entourage de Pierre Gattaz convient 
que les discussions entre Medef et syndicats sur la réforme du 
Code du Travail sont "franches" et que "c'est parfois un peu 
sec". Mais ces derniers ne ménagent pas non plus l'organisation 
patronale, souligne-t-on de même source. 
    Quant aux "SMS" adressés à Carole Couvert, ils sont 
"l'aboutissement d'un long processus d'échanges", ajoute-t-on au 
Medef, où l'on reproche notamment à la présidente de la CFE-CGC 
des "changements permanents de posture". 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a reçu cette semaine les 
principales organisations syndicales et patronales pour tenter 
de trouver un compromis sur des modifications du projet de loi 
sur le Code du Travail susceptibles d'apaiser les premières sans 
braquer les secondes. Il fera connaître lundi ses arbitrages. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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