France-Le Medef prêt à renoncer à modifier le CDI

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    PARIS, 16 février (Reuters) - Le Medef est prêt à renoncer à 
modifier le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) si la 
future loi sur le travail définit des causes "réelles et 
sérieuses" de licenciement économique, a déclaré mardi à la 
presse son président, Pierre Gattaz. 
    Jusqu'ici, le Medef demandait l'inscription dans le CDI 
lui-même des conditions de rupture du contrat liées à la 
situation économique de l'entreprise ou à la réalisation d'un 
projet, afin de remédier à la "peur d'embaucher" des 
entreprises. 
    "Nous avons pensé que le mettre dans la loi était peut-être 
plus facile que de le mettre dans le contrat lui-même", a 
cependant déclaré mardi Pierre Gattaz.  
    "Donc ne touchons pas au CDI, ça ne nous choque pas. Mettons 
dans la loi des causes réelles et sérieuses de licenciement, qui 
permettent de ne pas être débouté (...) Nous sommes tout à fait 
d'accord avec le fait que ça ne doit pas toucher le CDI."  
    Pour les syndicats, le CDI est un tabou absolu et l'exécutif 
a fait savoir qu'il n'était pas question d'y toucher. 
    Mais confronté à un taux de chômage record, alors que 
François Hollande a fait de sa baisse une condition de sa 
candidature à l'élection présidentielle de 2017, le gouvernement 
semble disposé à faire un pas vers le patronat. 
    Selon une information du journal Les Echos, le projet de loi 
sur le marché du travail qu'il s'apprête à envoyer au Conseil 
d'Etat préciserait les conditions dans lesquelles un employeur 
pourrait justifier des licenciements économiques. 
    Ce pourrait être, par exemple, la baisse du chiffre 
d'affaires pendant deux ou trois trimestres successifs, comme le 
droit du travail espagnol le prévoit déjà.  
    L'idée est d'encadrer l'interprétation qui pourrait être 
faite par un juge de la justification économique d'éventuels 
licenciements, en cas de contentieux. 
    "On nous en a parlé (...) A priori ça ne sera pas dans le 
contrat de travail", a confirmé à Reuters le président de la 
CGPME, François Asselin. "Si c'est ça, c'est bon." 
    Pour Pierre Gattaz, l'inscription dans la loi de causes 
réelles et sérieuses de licenciement "permettra de faire un 
grand pas en avant" et de "donner un signal fort aux 
entrepreneurs et aux investisseurs français et étrangers". 
    "On sait qu'on n'aura pas tout dans la loi El Khomri mais au 
moins on progresse dans la bonne direction", a ajouté le 
président du Medef. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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