France-Le Medef prêt à parler de retraites par capitalisation

le
0

* Pierre Gattaz dit n'avoir aucun tabou en matière de retraites * Négociations patronat-syndicats sur les complémentaires * Gattaz veut "dépolitiser" le problème de leur financement PARIS, 17 février (Reuters) - Le Medef est prêt à envisager l'instauration de retraites par capitalisation pour remédier aux problèmes de financement du système français par répartition, a déclaré mardi le président du Medef, Pierre Gattaz, au risque de braquer les syndicats. Des propos tenus lors d'une conférence de presse quelques heures avant l'ouverture de négociations entre les partenaires sociaux gestionnaires des retraites complémentaires du secteur privé, menacées par des déficits à répétition. ID:nL5N0VL5HO "On a un vrai problème de financement de la retraite (...) Donc je n'ai aucun tabou, je veux tout mettre sur la table", a déclaré Pierre Gattaz. "Si on ne le fait pas pour des questions de posture ou des questions politiques, on est mort." "S'il faut aller sur la retraite par capitalisation, allons-y, à partir du moment où tout le monde est d'accord." Ces déclarations risquent d'avoir l'effet d'un chiffon rouge sur les syndicats, très attachés au système par répartition. Le chef de la délégation du Medef, Claude Tendil, président de Generali France GASI.MI , vient pour la première fois de l'assurance, ce qui nourrit chez eux un soupçon sur les arrière-pensées de la première organisation patronale française. Pour Pierre Gattaz, "il faut surtout dépolitiser le débat". "Ce n'est pas un problème politique, c'est un problème mathématique", a-t-il expliqué. "Donc il faut regarder ce que nos principaux voisins européens ont fait et s'inspirer des meilleures choses qui ont été faites." Le Medef a cependant une ligne rouge, a-t-il dit : pas question d'augmenter les cotisations qui alimentent les caisses Agirc (celles des cadres) et Arrco, à laquelle sont affiliés la quasi-totalité des salariés du privé. Le secteur financier, assurances en tête, serait le principal bénéficiaire de la mise en place d'un système de retraite par capitalisation du type fonds de pension. RISQUE DE FAILLITE Les mesures correctrices décidées en mars 2013 par les partenaires sociaux n'ont eu qu'un impact marginal sur l'érosion des réserves accumulées par l'Agirc-Arrco entre 1998 et 2008. Ces deux régimes versent à 12 millions de retraités plus de 70 milliards d'euros par an et leur assurent ainsi un complément de revenu représentant entre 25% et 50% de leur pension globale, voire jusqu'aux deux tiers pour des cadres supérieurs. Si rien n'est fait, les réserves de l'Agirc seront épuisées en 2018 et celles de l'Arrco vers 2023-2025. "Il faut que nous soyons réalistes, lucides, pragmatiques et responsables", a dit Pierre Gattaz. "Nous devons faire quelque chose pour éviter que les pensions des cadres baissent de 11%." Les partenaires sociaux ont jusqu'en juin pour trouver une solution. Après l'échec des négociations sur la modernisation du dialogue social, en janvier, des organisations syndicales, dont la CGT et Force ouvrière, ainsi que la CGPME, côté patronal, veulent poser la question de la méthode dès mardi. Est notamment en cause la question du lieu de ce type de négociations interprofessionnelles nationales, qui se déroulent traditionnellement au siège du Medef. Pierre Gattaz s'est dit prêt à en discuter mais a jugé le sujet secondaire. Selon un sondage Odoxa pour Les Echos, 55% des Français estiment que l'Agirc et l'Arrco pourraient faire faillite dans les quatre ou cinq ans à venir. Mais 85% refusent de baisser le montant des pensions des retraités actuels pour les sauver, 82% refusent une telle baisse pour les futurs retraités, 64% jugent inacceptable une hausse des cotisations des salariés et 56% rejettent l'idée d'un report de l'âge auquel on peut toucher sa pension sans décote. Autant de pistes de la "boîte à outils" dans laquelle syndicats et patronat sont censés puiser. ID:nL5N0VN40F (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant