France-Le Medef pose ses conditions pour des négociations Unedic

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    * Gattaz veut d'abord un "diagnostic partagé" avec les 
syndicats 
    * Le patron du Medef se donne jusqu'en mai 2017 pour y 
parvenir 
    * Manuel Valls fait pression sur les partenaires sociaux 
 
    PARIS, 7 octobre (Reuters) - Le président du Medef pose ses 
conditions à une reprise des négociations sur une nouvelle 
convention d'assurance-chômage, qu'il n'envisage pas avant 
l'élection présidentielle de 2017, dans une interview publiée 
vendredi par Les Echos. 
    Pierre Gattaz rejette par avance toute taxation des contrats 
de travail courts, sujet sur lequel ont butté ces négociations 
en juin, contraignant l'Etat à reprendre la main ( ). 
Il souhaite avant toute chose que les partenaires sociaux se 
mettent d'accord sur un "diagnostic partagé". 
    Il réplique ainsi indirectement au Premier ministre, qui a 
exhorté dimanche syndicats et patronat à se remettre autour de 
la table et annoncé que le gouvernement les réunirait dans les 
prochaines semaines.   
    Manuel Valls a également dit au "Grand Jury" RTL-Le 
Figaro-LCI que la taxation des contrats courts restait à 
l'étude, même si "elle n'est pas facile à mettre en oeuvre", 
parmi les pistes à envisager pour alléger la pression financière 
sur l'Unedic, organisme gestionnaire de l'assurance-chômage. 
    "Nous sommes prêts à reprendre les négociations dès la 
semaine prochaine. Mais si c'est pour nous imposer une taxation 
des contrats courts, ce n'est définitivement pas possible", 
répond Pierre Gattaz. "Ce serait une bêtise contre-productive." 
    Il se dit en revanche prêt à ouvrir des discussions sur la 
"permittence", néologisme désignant l'alternance accélérée de 
contrats de travail de très courte durée et de périodes de 
chômage indemnisées, qui est devenu un mode de gestion du 
personnel dans nombre d'entreprises et coûte cher à l'Unedic. 
     
    "NOUS AVONS JUSQU'EN MAI 2017" 
    Pour mettre fin aux abus, il propose par exemple de revenir 
sur le mode de calcul des indemnités chômage et d'envisager une 
"dégressivité intelligente des allocations", sujet très sensible 
pour les syndicats qui gèrent l'Unedic avec le patronat. 
    "Nous avons une proposition", poursuit-il. "Il faut 
prolonger la convention actuelle jusqu'à ce que nous arrivions, 
avec les syndicats, à une vision partagée de l'avenir, du marché 
du travail et du rôle de l'assurance-chômage." 
    "Nous avons jusqu'en mai 2017. La France manque cruellement 
d'une vision du dialogue social. Il faut que nous nous mettions 
autour d'une table (...) pour travailler sur la France dans dix, 
quinze ans, les enjeux de la mondialisation, de l'ubérisation, 
du numérique, de l'avenir des filières", explique Pierre Gattaz. 
    La discussion devra selon lui porter également sur l'impact 
de ces évolutions sur les contrats de travail et la protection 
sociale. "Ce travail commun effectué, il sera plus simple de 
rouvrir les négociations sur l'assurance-chômage", ajoute-t-il. 
    Il se place ainsi de facto dans la perspective de l'après 
élection présidentielle du printemps 2017. 
    Manuel Valls presse pour sa part les partenaires sociaux de 
trouver une solution avant fin 2016, notamment pour remédier au 
recours excessif aux contrats courts, faute de quoi le 
gouvernement prendra lui-même des mesures. 
    Une perspective contre laquelle le président du Medef met en 
garde le Premier ministre. 
    "Ce serait créer un problème de confiance chez les 
entreprises", dit Pierre Gattaz dans Les Echos. Pour lui, si le 
gouvernement "veut faire réagir les partenaires sociaux, il 
ferait mieux de décider que l'Etat ne garantit plus la dette du 
régime d'assurance-chômage".   
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou) 
 
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