France-Le Medef fait durer le suspense sur la négocation Unedic

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    PARIS, 10 mai (Reuters) - Le Medef attendra le projet de loi 
sur le marché du travail tel qu'il sortira de l'Assemblée 
nationale pour décider de poursuivre ou non les négociations sur 
l'assurance chômage, a déclaré mardi son président, Pierre 
Gattaz. 
    Il y a trois semaines, il avait menacé de se retirer de ces 
négociations avec les syndicats si le gouvernement ne revenait 
pas sur les modifications apportées à ce texte, qu'il juge vidé 
de sa substance et déséquilibré au détriment des entreprises. 
    Il avait annoncé que le conseil exécutif du Medef prendrait 
une décision ce lundi 9 mai. Mais cette instance dirigeante a 
finalement choisi de surseoir, alors que se profile un passage 
en force en raison de divisions dans la majorité. 
    "Le conseil exécutif a jugé qu'il était impossible de se 
positionner de manière claire sur ce projet de loi dans l'état 
actuel des discussions", a déclaré Pierre Gattaz lors de sa 
conférence de presse mensuelle.   
    "Il nous a semblé opportun et sage de ne pas prendre de 
position définitive à ce stade", a-t-il ajouté. "Nous 
formulerons notre analyse sur le texte finalisé." 
    Le gouvernement n'a pas réussi à trouver un compromis avec 
les "frondeurs" du Parti socialiste, qui refusent de voter un 
texte très contesté et le privent d'une majorité, ce qui le 
contraint à recourir à la procédure de l'adoption sans vote 
prévue par l'article 49.3 de la Constitution.  
    Le président du Medef s'est abstenu cependant cette fois de 
fixer une échéance. "Tout est possible aujourd'hui", a-t-il dit. 
"On attend ce texte de loi. On ne sait pas s'il arrivera demain, 
après demain, dans dix jours." 
    Un conseil exécutif exceptionnel pourrait alors être 
convoqué pour prendre position, a-t-il précisé. 
     
    LIGNES ROUGES 
    En tout état de cause, le contenu du projet de loi travail 
influera sur les négociations sur une nouvelle convention 
Unedic, a fait valoir le président du Medef. 
    "Si les réformes sur le marché du travail ne se font pas 
(...), cela va renforcer encore l'exigence de réforme sur 
l'assurance chômage et nous pouvons nous demander si nous serons 
collectivement capables de porter des réformes ambitieuses et 
difficiles sur l'assurance chômage." 
    Il a réitéré les trois lignes rouges du Medef : pas de 
mandatement syndical obligatoire pour les salariés chargés de 
négocier des accords avec leur employeur dans les plus petites 
entreprises, ni d'extension du "compte personnel d'activité" 
censé rassembler les droits des actifs, ni de dispositions 
conduisant au renchérissement des contrats de travail courts. 
    Le gouvernement a déposé un amendement imposant aux 
partenaires sociaux de prévoir dans les accords sur l'assurance 
chômage une "modulation" des cotisations patronales selon la 
nature et la durée des contrats, l'âge du salarié, la taille de 
l'entreprise et non une surtaxation pure et simple.   
    "Mon feeling c'est qu'on ne veut pas de modulation non 
plus", a déclaré Pierre Gattaz. "Je peux vous dire qu'une 
modulation qui consisterait à augmenter certains contrats (...) 
nous semble très dangereuse et pas appropriée, à ce stade." 
    "Laissons les négociateurs faire et surtout que le 
gouvernement ne nous mette pas d'amendement pour nous imposer de 
faire quelque chose", a-t-il ajouté. 
    Les partenaires sociaux discutent en fait déjà de diverses 
pistes pour limiter le recours aux contrats de très courte 
durée, très coûteux pour l'assurance chômage, dans le cadre des 
négociations Unedic, qui reprennent jeudi matin.   
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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