France-Le Medef critique les propos de Valls sur le CICE

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    PARIS, 16 février (Reuters) - Le président du Medef a jugé 
mardi "contreproductifs" les propos tenus la veille par le 
Premier ministre, Manuel Valls, sur les résultats en matière 
d'emploi des baisses de charges accordées aux entreprises dans 
le cadre du pacte de responsabilité. 
    Le chef du gouvernement a estimé lundi que les résultats du 
pacte et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi 
(CICE) n'étaient pas au rendez-vous et en a fait le reproche au 
patronat. Il a menacé d'assortir de conditions les prochaines 
baisses de charges en faveur des entreprises.   
    Lors de sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz a 
accusé Manuel Valls de saper la confiance des entreprises par 
des déclarations "très contreproductives". 
    "Faire peser la menace de conditionner la fin des baisses de 
charges à des contraintes est contraire à cette confiance. Le 
gouvernement se tire une balle dans le pied en disant cela", a 
déclaré le président du Medef. "Nous jouons le jeu, le Medef 
joue le jeu, nous allons continuer à jouer le jeu." 
    A l'appui de sa réponse au Premier ministre, il a longuement 
exposé le bilan du pacte de responsabilité selon le Medef. 
    Sur la soixantaine de branches professionnelles affiliées à 
l'organisation patronale, a-t-il dit, 56 discutent de la mise en 
oeuvre du pacte ou, pour 25 d'entre elles, ont déjà signé ou 
ouvert à la signature un accord.  
    Ces 25 branches, parmi les plus importantes du pays comme la 
métallurgie, la chimie, le textile, la filière alimentaire, la 
banque ou les travaux public, représentent quelque neuf millions 
de salariés, a précisé Pierre Gattaz. 
    Il a souligné que dans 83% de ces branches les accords 
conclus avec les syndicats prévoyaient des mesures pour 
l'emploi, dans 91% des dispositions en matière de formation et 
dans 22% des mesures dans le domaine de la protection sociale. 
    Le pacte de responsabilité et le CICE prévoient une baisse 
de charges de 41 milliards d'euros sur la période 2014-2017. 
    Mais Pierre Gattaz a estimé que cela ne pouvait être qu'un 
début, pour restaurer la compétitivité des entreprises 
françaises, notamment par rapport à leurs rivales allemandes. 
    "Je demande officiellement à tous les candidats qui vont se 
présenter à la présidence de la République de bien anticiper le 
fait que ce pacte est un début", a-t-il dit. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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