France-Le Medef contre un retard envisagé des baisses de charges

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PARIS, 15 septembre (Reuters) - Le président du Medef s'est élevé mardi contre un décalage, envisagé par le gouvernement pour 2016, des baisses de charges accordées aux entreprises par le pacte de responsabilité et a averti que ce serait un "très mauvais signal". Cette mesure sera bien inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale et évoquée dès mercredi dans une communication en conseil des ministres, dit-on de sources gouvernementales et parlementaires, confirmant ainsi des informations de presse. L'ampleur du décalage n'est pas encore fixée, ajoute-t-on de mêmes sources. Mais la logique voudrait qu'il soit de trois mois, le versement des cotisations patronales et le calcul de cette somme suivant un rythme trimestriel. Selon le quotidien les Echos, qui a dévoilé le premier ce projet, il s'agit bien d'un décalage de trois mois pour dégager de quoi financer à hauteur d'un milliard d'euros des mesures supplémentaires en faveur des entreprises, annoncées ces derniers mois, comme la majoration des amortissements ou des aides aux PME et très petites entreprises. Ce montant est confirmé de source parlementaire. Pierre Gattaz y voit une contradiction avec les "engagements répétés du président de la République et du Premier ministre", qui ont dit "pendant tout l'été qu'on ne touchera it pas au pacte de responsabilité, ni au calendrier, ni au montant". "TRÈS GRAVE" "Reporter de trois mois la baisse des charges, c'est un quart des mesures de 2016", a dit le président de la première organisation patronale française en conférence de presse. "Pour les TPE, PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui attendent ces baisses de charges, c'est très grave." "Ce sont de très mauvais signaux", a-t-il ajouté. "Si vous ruinez la confiance d'un chef d'entreprise, il n'embauche plus, n'investit plus, ne prend plus de stagiaires et d'apprentis, ne forme plus. Il se met à la cape, comme on dit en navigation, et il attend 2017, on ne sait pas quoi ou qui, mais il attend." Une allusion à la prochaine élection présidentielle. Pierre Gattaz exhorte le gouvernement à renoncer au "réflexe pavlovien" consistant à taxer ménages ou entreprises dès qu'il a un trou budgétaire à combler, et à s'attaquer au "1.230 milliards d'euros de dépenses publiques de fonctionnement". "Qu'on ne me dise pas qu'on ne peut pas trouver un milliard !" a-t-il souligné. Du côté gouvernemental, on fait valoir que les mesures supplémentaires pour les entreprises ont toujours été envisagées à enveloppe constante, c'est-à dire 41 milliards d'euros sur trois ans pour le pacte de responsabilité et le crédit d'impôt compétitivité-emploi (Cice). "Les entreprises ne vont pas toucher moins que ce qui était prévu", ajoute-t-on de même source. "C'est ni plus ni moins que ce qui avait été promis." Il était initialement prévu au titre du pacte neuf milliards d'euros de baisses de charges supplémentaires en faveur des entreprises en 2016 dont 4,5 milliards de cotisations familiales entre 1,6 et 3,5 smic. C'est un de ces 4,5 milliards d'euros de baisse que le gouvernement envisage de décaler de trois mois. (Emmanuel Jarry, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • M4484897 le mardi 15 sept 2015 à 18:50

    ben voyons, il y a d'autres priorités accueillir des invités de dernière minute qui coutent cher, renforcer la fonction publique et surtout ne surprendre personne en respectant ses promesses

  • janaliz le mardi 15 sept 2015 à 17:44

    Les gasconnades continuent... Paroles, paroles... Bien fol qui s'y fie !

  • ltondu le mardi 15 sept 2015 à 17:22

    Parole du porcinet = 0 !

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