France-Le match à droite se précise pour 2017, avantage Sarkozy

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* Les départementales, un atout pour l'ancien président * Identité et centrisme, le pari de Sarkozy * L'alliance avec l'UDI devrait perdurer par Sophie Louet PARIS, 30 mars (Reuters) - La route vers 2017 sera "longue" et "difficile" de l'aveu même de Nicolas Sarkozy, mais l'ancien chef de l'Etat, fort de la victoire de la droite aux départementales, sait qu'il compte désormais une bonne longueur d'avance sur ses rivaux de l'UMP. Le président de l'UMP, qui ne s'est toujours pas déclaré pour la primaire de 2016 mais dont la soif de revanche sur François Hollande ne fait aucun doute, est entré en pré-campagne dimanche soir en pilonnant son successeur et en vantant l'alliance avec les centristes de l'UDI, stratégie ravie de facto à Alain Juppé, qui en revendique la paternité. La tactique du chef de l'opposition, qui estime avoir relégué Marine Le Pen au second rang, est posée : une symbiose -- contre-nature selon plusieurs hauts responsables de l'UMP -- entre une fibre gaullo-centriste et un plaidoyer identitaire censé reconquérir les électeurs du Front national. Une "surenchère" dangereuse selon François Fillon, de "l'huile sur le feu" pour Alain Juppé, ses rivaux déclarés pour l'élection présidentielle de 2017. Pourtant, c'est bien la marque Sarkozy qui s'imprime dans le débat toujours ouvert sur la future ligne du parti et qui pourrait s'imposer lors du congrès refondateur du 30 mai. "Nicolas Sarkozy paraît convaincu de pouvoir gagner une primaire ouverte au motif que la moitié lepéno-compatible de l'électorat UMP pourrait se mobiliser davantage que la moitié restée chiraquienne", analyse le politologue Thomas Guénolé. Nicolas Sarkozy a promis dimanche soir d'"accélérer la préparation d'un projet républicain d'alternance, un projet fort, réaliste et profondément nouveau". Il a évoqué, sans précision, "la fin des dépenses publiques inutiles", "la maîtrise des impôts", "la lutte contre l'assistanat". "L'EFFET SARKOZY"? Réduits au rang de commentateurs d'une victoire éclatante -- mais pas historique contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy --, les prétendants Alain Juppé et François Fillon ont pris date en s'efforçant de souligner leur singularité. Le premier, appuyé par François Bayrou, a salué "la victoire de la stratégie d'alliance de l'UMP, de l'UDI et du MoDem", le second a rappelé aux dirigeants de l'UMP leur "responsabilité très lourde" pour l'avenir, celle de conduire "un projet radical", projet qu'il porte dans une relative indifférence. Lundi, les proches de Nicolas Sarkozy ne voulaient pas entendre parler de "ligne Juppé" et insistaient sur "l'effet Sarkozy", démenti pourtant par de nombreux élus locaux UMP. "C'est la victoire de l'UMP, de l'UDI, c'est la victoire de la stratégie de Nicolas Sarkozy", a dit sur BFM TV Gérald Darmanin, secrétaire général adjoint aux élections. Brice Hortefeux, sur Radio Classique et LCI, a mis en avant "l'action et l'engagement personnel de Nicolas Sarkozy", et Laurent Wauquiez, sur BFM TV, a jugé que le président de l'UMP avait "redonné de la voix à l'opposition". Xavier Bertrand, candidat à la primaire, et Bruno Le Maire, notamment, ont mis en garde contre tout triomphalisme, estimant que la percée des départementales traduisait un vote de rejet, non un vote d'adhésion. "Il nous reste à convaincre", a déclaré sur Europe 1 le député de l'Aisne. Nicolas Sarkozy, qui refuse de "confondre vitesse et précipitation", table sur une victoire aux régionales en décembre pour aborder 2016 en terrain favorable. LE RECENTRAGE, JUSQU'OÙ? Là encore des gains sont à prévoir -- la droite part de très bas avec trois régions : Alsace, La Réunion, Guyane -- mais le mode de scrutin proportionnel, à même de favoriser le FN, complique la donne et pourrait raviver les divisions idéologiques de l'UMP, que la doctrine du "ni ni" (ni FN ni Front républicain), pas toujours suivie au second tour des départementales, feint de régler. L'alliance avec l'UDI dès le premier tour reste donc vitale. Nicolas Sarkozy s'est entretenu lundi avec son président Jean-Christophe Lagarde auquel il a dit son "amitié" et sa "considération", quand bien même le centriste s'oppose à toute dilution et défend "l'addition des différences". Les problèmes pour le "troisième tour" (l'élection des présidents des conseils départementaux jeudi) étant "réglés", "nous allons maintenant travailler à la situation des régionales", a dit Jean-Christophe Lagarde. "Pour 2017, on verra bien en 2016." Le président de l'UDI estime qu'une primaire n'a de sens que si elle concerne l'UMP, l'UDI et le MoDem en vue d'un candidat unique de l'opposition républicaine. "L'UDI n'a pas vocation à choisir entre deux candidats UMP", a-t-il prévenu en décembre. Dans cette dynamique de rassemblement, le "cas" François Bayrou demeure un repoussoir pour Nicolas Sarkozy et ses électeurs, qui lui imputent en partie la défaite de 2012, quand le dirigeant centriste avait voté pour François Hollande. Les proches du président de l'UMP ont formulé lundi les ouvertures de rigueur à l'adresse du président du MoDem en le sommant de s'inscrire clairement dans l'opposition. "Quand M. Bayrou dira qu'il souhaite la fin de M. Hollande et de son gouvernement, alors je crois qu'il sera temps d'imaginer peut-être une alliance politique", a dit Gérald Darmanin. (Edité par Yves Clarisse)

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  • Xophe3 le lundi 30 mar 2015 à 17:08

    Alain JUPPÉ sera facilement élu aux primaires ouvertes de l'UMP.Peut être même dès le 1er tour ...