France-Le marché du porc breton reste fermé

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* Deuxième boycott en une semaine des deux principaux industriels * Les deux entreprises mises en demeure par le MPB * Possible séance ce vendredi et appel à Manuel Valls (Actualisé avec Le Foll) PARIS, 13 août (Reuters) - Le marché du porc breton (MPB) de Plérin (Côtes-d'Armor), qui fixe le prix de référence du porc français, est resté fermé jeudi en raison de l'absence des deux principaux industriels du secteur malgré les appels à la responsabilité du gouvernement. Des négociations étaient en cours pour qu'une séance de cotation puisse se tenir exceptionnellement vendredi, alors que les producteurs ont réclamé une réunion d'urgence avec les services du Premier ministre. "Nous avons eu confirmation ce matin de l'absence de la coopérative Cooperl à la séance d'aujourd'hui, nous avons reçu un courrier par lettre recommandée de l'entreprise Bigard comme quoi ils ne seraient pas présents aujourd'hui", a dit Daniel Picart, président du MPB, à la presse. Par conséquent, "le marché ne se tiendra pas aujourd'hui. A priori, il y a une annonce pour que le marché se tienne demain", a-t-il ajouté. La séance n'avait déjà pu avoir lieu lundi en raison du boycott de Cooperl et de Bigard/Socopa qui jugent intenable, face à la concurrence étrangère, le cours de 1,40 euro le kilo fixé en juin par un accord entre industriels, grande distribution et syndicats agricoles. Les deux entreprises "sont aujourd'hui hors la loi vis-à-vis du règlement (du marché) qu'elles ont signé", a estimé Daniel Picart, ajoutant que le marché leur avait envoyé une mise en demeure. "Pour la Cooperl, le prix payé est trop cher et pour Bigard, qui aujourd'hui maîtrise le prix du boeuf, je pense qu'il veut faire la même chose pour le porc", a-t-il dit. Créé par les éleveurs en 1972, le MPB organise deux ventes par semaine dont les cotations servent de référence nationale bien qu'il ne représente qu'environ 15% des échanges de porcs français. APPEL À MANUEL VALLS Dans l'après-midi, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a dit avoir échangé au téléphone avec les deux industriels qu'il avait déjà appelés mardi à la responsabilité et à revenir à Plérin, et a indiqué prévoir de les rencontrer rapidement. "Il n'y aura pas de solution (à la crise) si chacun n'est pas capable d'avoir une démarche d'ensemble, à la fois sur la cotation, l'organisation de la filière et les grands enjeux", a-t-il dit lors d'un point de presse. Selon le ministre, la Cooperl explique son absence du marché de Plérin par des stocks importants alors que Bigard y juge le prix trop élevé. Mais, a-t-il ajouté, ce dernier s'est engagé à maintenir son volume d'achat hebdomadaire de 90.000 bêtes. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) s'était interrogée mercredi sur la pertinence d'une cotation bihebdomadaire, préconisant la mise en place de contrats entre producteur, abatteur, transformateur et distributeur. Quelque 62.000 porcs devaient être présentés à la vente jeudi, indiquait à Reuters mercredi une source proche du MPB. Evoquant une "situation extrêmement grave", le président de l'union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), Michel Bloc'h, a lancé un appel à l'ensemble des opérateurs pour que la cotation ait lieu vendredi. "Cette situation est inextricable pour nous producteurs, nous sommes complètement pris en tenaille, surtout les gens qui vendent leurs porcs ici", a-t-il dit à la presse. "Les producteurs sont essoufflés d'un point de vue trésorerie, ils ne pourront pas supporter des cours malheureusement qui risquent de baisser très fort. Il faut que l'Etat entende ce discours là". "Aujourd'hui, j'en appelle immédiatement à une réunion physique au niveau du cabinet du Premier ministre" pour que "ses conseillers nous reçoivent dès demain", a-t-il ajouté. Jeudi, Stéphane Le Foll a estimé que malgré l'absence de cotation - impliquant selon lui le maintien du prix arrêté la semaine précédente, soit 1,404 euros le kilo -, le gouvernement devait "poursuivre la stratégie engagée". Une table ronde est prévue fin août sur les nouvelles formes de commercialisation du porc puis, en septembre, une réunion sur les "nouvelles formes de négociations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs". (Marine Pennetier, avec Grégory Blachier édité par Yann Le Guernigou)

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