France-Le marché de la mode à son niveau du début des années 90

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    * Le marché de la mode devrait reculer de 1,8% en 2016 
    * Nouvelle baisse (-1,4%) attendue en 2017 
    * En Europe, seule l'Espagne tire son épingle du jeu 
 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - Le marché français de la 
mode, qui s'apprête à accuser en 2016 sa neuvième année 
consécutive de baisse, est revenu à son niveau du début des 
années 1990 et la tendance ne devrait guère s'améliorer en 2017, 
selon les prévisions de l'Institut français de la mode (IFM).  
    En baisse de 2,3% sur les dix premiers mois de l'année, avec 
un recul particulièrement marqué (-3,3%) pour l'habillement 
féminin, le marché du prêt-à-porter devrait finir l'année en 
recul de 1,8% malgré un contexte de taux bas et de croissance 
économique qui auraient pu être des facteurs de soutien. 
    "L'évolution reste liée aux éléments fondamentaux de 
l'économie, à la question du budget des ménages et à leur 
pouvoir d'achat", a déclaré jeudi Gildas Minvielle, directeur de 
l'observatoire économique de l'IFM, à l'occasion de la 
présentation des perspectives 2017 de l'institut. 
    Les ménages continuent de procéder à des arbitrages au-delà 
des dépenses contraintes que sont le logement, le chauffage, 
l'alimentation et les transports. 
    La part de l'habillement dans leur budget est ainsi tombée à 
3,9% - alors qu'elle était encore de 5,5% en 2000 - au profit 
des loisirs, des restaurants ou d'autres biens et services. 
    Un printemps très pluvieux, peu propice aux achats de 
vêtements d'été, doublé d'un climat social tendu et de 
nombreuses grèves ont aussi pesé sur la consommation, tout comme 
l'attentat de Nice qui a fait fuir la clientèle touristique 
étrangère. 
    En 2017, avec une croissance économique relativement stable 
aux environs de 1% et une hausse attendue des prix de l'énergie 
et des taux d'intérêt, le marché pourrait encore reculer de 1,4% 
l'an prochain, selon l'IFM. 
    L'Europe n'est guère mieux lotie, avec des baisses attendues 
de 1,2% en Allemagne, de 1,4% en Italie et de 0,5% au 
Royaume-Uni. Seule l'Espagne, portée par un regain de sa 
croissance économique, tire son épingle du jeu avec une 
progression attendue de 1,7%. 
    En France comme dans l'Union européenne, les grandes 
enseignes de mode comme Kiabi (famille Mulliez), première 
enseigne d'habillement en France, l'espagnole Zara  ITX.MC  ou 
la suédoise H&M  HMb.ST  sous-traitent encore la quasi-totalité 
de leur production en Asie.  
    Si la Chine reste de loin le premier fournisseur de la 
filière (34,5% des importations d'habillement de l'Union 
européenne), sa part continue de baisser au profit de pays dont 
les coûts sont plus compétitifs comme l'Inde, le Bangladesh ou 
le Cambodge. 
    Une autre tendance se confirme également : le recours à des 
approvisionnements plus proches au plan géographique (Europe de 
l'Est et bassin méditerranéen), qui permettent plus de 
réactivité. 
    "Il y a là une véritable prise de conscience", a remarqué 
Gildas Minvielle, pour qui la proximité avec les marchés 
d'approvisionnement constitue un élément stratégique important 
pour gagner en réactivité comme en activité commerciale.  
     
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 

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