France-Le Maire sera intraitable sur la régularité du scrutin UMP

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PARIS, 19 novembre (Reuters) - Bruno Le Maire, qui ambitionne d'imposer un second tour à Nicolas Sarkozy dans l'élection à la présidence de l'UMP, a déclaré mercredi qu'il serait "intraitable" sur la régularité du scrutin, même s'il ne fait "peser de soupçon sur personne". Les 268.341 adhérents de l'UMP à jour de cotisation sont appelés à désigner le futur dirigeant du parti d'opposition par vote électronique, du 28 novembre à 20h00 (18h00 GMT) au 29 novembre à 20h00 (18h00 GMT). Nicolas Sarkozy fait figure de favori, au vu d'enquêtes qui ne peuvent sonder que les sympathisants UMP, mais le plébiscite (85,09%) dont il avait bénéficié lors du scrutin interne de novembre 2004 ne paraît pas acquis tant sa campagne déroute les plus fidèles de ses partisans. Le fiasco du précédent scrutin, entaché de fraude, est encore dans les esprits, et la Haute autorité chargée de veiller à la régularité du prochain vote assure s'être entourée des garde-fous juridiques et techniques pour éviter une réédition de la guerre de 2012 entre Jean-François Copé et François Fillon. "Je serai intraitable sur la régularité du vote et sur la sincérité des résultats. In-trai-ta-ble. Tout simplement parce qu'on le doit à nos militants", a dit Bruno Le Maire dans un entretien à Reuters. "Je surveille ça de très près, de très près", insiste l'ancien ministre. ENCORE DU TRAVAIL A FAIRE "Je ne fais peser de soupçon sur personne, je ne crains pas du tout des volontés de fraude de qui que ce soit", souligne-t-il toutefois. "C'est un reproche collectif : je trouve que nous avons encore du travail à faire pour que notre démocratie interne soit à la hauteur d'un parti politique moderne", explique-t-il en appelant à tirer les enseignements de la prochaine échéance pour l'organisation des primaires de 2016. Bruno Le Maire et Hervé Mariton, les concurrents de Nicolas Sarkozy, avaient saisi la Haute autorité en octobre pour obtenir la publication département par département du scrutin, alors que le parti a opté pour des résultats nationaux. L'instance, placée sous l'autorité de la juriste Anne Levade, a répondu qu'outre le surcoût financier qu'elle impliquerait, une répartition département par département "ferait peser un risque excessif" sur le calendrier du scrutin et les opérations de vote. Le décompte département par département avait permis en 2012 de détecter des anomalies à l'origine du litige Copé-Fillon. "Je le regrette, parce que du point de vue démocratique, il aurait été intéressant que les militants aient accès à des résultats par département et par fédération", déclare Bruno Le Maire. "Raison de plus pour dire très clairement, attention", avertit le député de l'Eure, qui plaide sans relâche pour des primaires ouvertes et transparentes en vue de la présidentielle de 2017, une révolution culturelle que Nicolas Sarkozy paraît épouser à contrecoeur. "Il faut se mettre au travail technique dès janvier, parce que les belles paroles politiques, c'est sympathique, mais derrière, il y a tout un travail à faire qui est considérable et sur lequel nous avons du retard". (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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