France-Le livret A reste à 0,75% malgré l'inflation basse

le , mis à jour à 18:46
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 (Actualisé avec la réaction de la Fédération bancaire 
française) 
    PARIS, 19 juillet (Reuters) - Le gouvernement a décidé mardi 
de maintenir à 0,75% la rémunération du Livret A, suivant en 
cela une recommandation du gouverneur de la Banque de France, en 
dépit de la faible inflation qui aurait dû le conduire à 
l'abaisser. 
    Il a choisi cependant, suivant là aussi l'avis consultatif 
de François Villeroy de Galhau, de diminuer à nouveau le taux 
des plans d'épargne logement, comme il l'avait déjà fait en 
début d'année, le fixant à 1,0% (contre 1,5% auparavant) pour 
ceux qui seront ouverts à compter du 1er août. 
    Dans un communiqué, le ministère des Finances a dit d'autre 
part accueillir "positivement" deux autres propositions du 
gouverneur de la Banque de France, à savoir un maintien du taux 
du livret A à 0,75% lors de sa prochaine révision, en février 
2017, juste avant l'élection présidentielle, et un nouveau 
changement de la formule de son calcul. 
    En l'état actuel, cette formule, qui tient compte du niveau 
de l'inflation et des taux du marché monétaire, aurait conduit à 
l'abaisser à 0,50%, un nouveau plus bas historique pour ce 
produit d'épargne populaire. 
    Dans sa recommandation au gouvernement, François Villeroy de 
Galhau invoque, comme il l'avait déjà fait en début d'année, les 
 perspectives d'une légère augmentation de l'inflation en 2016, 
pour justifier une dérogation à l'application de la formule de 
calcul en vigueur pour le livret A au 1er août mais aussi au 1er 
février prochains. 
    L'inflation hors tabac est tombée à +0,2% sur les douze mois 
à fin juin en France et le gouvernement table sur une remontée à 
1,0% en 2017. 
    Les taux du marché monétaire, l'autre composante de la 
formule de calcul, évoluent actuellement en zone négative en 
raison de la politique monétaire très accommodante de la Banque 
centrale européenne. 
     
    UNE DÉCISION HAUTEMENT SENSIBLE 
    A l'été 2015, le gouvernement avait accepté de faire passer 
le livret A sous la barre symbolique de 1,0%, à 0,75%. 
   Ce taux reste particulièrement élevé dans l'environnement 
actuel pour un produit liquide et totalement défiscalisé, alors 
que le rendement des emprunts d'Etat français à 10 ans 
 FR10YT=TWEB  dépasse à peine 0,20% avant prélèvements.  
    La Fédération bancaire française (FBF) a dénoncé dans un 
communiqué une "décision (qui) n'a aucune justification 
économique" et qui "fragilise tout l'édifice du livret A", en 
affectant défavorablement le financement du logement social et 
en pesant sur le budget de l'Etat, du fait de son impact sur les 
comptes du fonds d'épargne géré par la Caisse des dépôts.  
    "Ce taux de rémunération est une anomalie, qui constitue un 
obstacle au marché intérieur européen et à la bonne transmission 
de la politique monétaire de la BCE en France", poursuit la FBF. 
     
    Le précédent gouverneur de la Banque de France, Christian 
Noyer, estimait que le maintien d'un écart important entre les 
taux du marché et du livret A constituait un frein à la 
transmission de la politique de la BCE à l'économie française en 
renchérissant le coût des ressources des banques, contraintes 
d'aligner la rémunération de leurs produits d'épargne. 
    François Villeroy de Galhau insiste de son côté sur l'impact 
d'un taux du livret élevé sur le financement du logement social, 
sa principale utilisation, en soulignant qu'un surcoût de 0,5% 
sur les taux "représente une charge accrue d'environ 8.000 euros 
par an pendant trente ans pour chaque nouveau logement". 
    Pour cette raison, il juge souhaitable "une adaptation 
limitée de la formule" pour assurer le meilleur équilibre entre 
le bon financement du logement social et le maintien d'une 
protection contre l'inflation. "Elle permettrait également de 
réduire la volatilité des taux du livret A", estime-t-il. 
    La fixation du taux des 61,1 millions de livrets A 
individuels reste une affaire hautement sensible, même depuis 
que Dominique Strauss-Kahn a, en 1999, introduit une première 
formule de calcul censée simplifier les décisions des politiques 
mais qui n'a, dans les faits, jamais été véritablement suivie. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 

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