France-Le Guen croit à une majorité à gauche pour la loi Khomri

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    PARIS, 19 février (Reuters) - Le secrétaire d'Etat chargé 
des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, s'est dit 
certain vendredi que le projet de loi de réforme du code du 
travail présenté par Myriam El Khomri serait soutenu par une 
majorité de parlementaires de gauche. 
    Il a par ailleurs qualifié les opposants à ce texte qui 
prévoit un assouplissement du droit du travail de "grincheux", 
selon lui minoritaires dans les rangs socialistes. 
    Le projet de Myriam El Khomri, dont la presse a dévoilé 
cette semaine les grandes lignes, doit être présenté lors du 
conseil des ministres du 9 mars mais une partie de la gauche et 
des syndicats a commencé à manifester sa réprobation. 
    "Bien sûr, il y aura une discussion avec les parlementaires. 
(...) Mais, très concrètement, ce texte (...) sera voté très 
majoritairement pas le groupe socialiste", a jugé Jean-Marie Le 
Guen sur Europe 1.     
    Sur la question du vote, le secrétaire d'Etat a éludé celle 
du recours à l'article 49-3 de la Constitution, qui permet au 
gouvernement de passer outre les réticences d'une partie de sa 
majorité en faisant adopter un texte sans vote. 
    Myriam El Khomri avait affirmé dans une interview publiée 
jeudi dans Les Echos que l'exécutif prendrait "ses 
responsabilités", laissant entendre par là qu'il n'était pas 
exclu pour lui d'utiliser cette procédure.   
    Mais, les "esprits chagrins", comme les appelle Jean-Marie 
le Guen, ne pourront pas, selon lui, faire obstacle au texte. 
    "Pour une partie de la gauche, tout ce qui existait il y a 
quarante ans, c'était super. (...) C'est la gauche du 
conservatisme", a-t-il dit. 
    "Vous n'avez pas entendu parler de ces grincheux qui sont là 
depuis trois ans, qui s'expriment régulièrement sur vos antennes 
?", a ajouté le secrétaire d'Etat.     
    Parmi les voix qui se sont levées ces deux derniers jours, 
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti 
socialiste, a déclaré qu'il aurait "du mal" à voter le texte "en 
l'état".   
    L'avant-projet confirme la durée légale de 35 heures par 
semaine. Mais pratiquement tout le reste est ouvert à la 
négociation collective, y compris la rémunération des heures 
supplémentaires, voire laissé à la discrétion de l'employeur 
dans certains cas, en l'absence d'accord.   
     
 
 (Simon Carraud, édité par Tangi Salaün) 
 
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