France-Le gouvernement se montre flexible sur la loi Travail

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    * Les partenaires sociaux reçus à Matignon sur la loi 
Travail 
    * Valls prêt à modifier partiellement le texte 
    * Il reste cependant ferme sur les principes 
    * CGT et FO rejettent le projet de loi en bloc 
 
 (Avec début des consultations) 
    par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry 
    PARIS, 7 mars (Reuters) - Manuel Valls a confirmé lundi, au 
début d'une semaine décisive pour son projet de réforme du Code 
du travail, qu'il était prêt à donner partiellement satisfaction 
aux syndicats réformistes mais pas à retirer le texte, comme le 
demandent la CGT et FO. 
    Entouré par la ministre du Travail, Myriam El Khomri et 
celui de l'Economie, Emmanuel Macron, le chef du gouvernement a 
entamé un round de consultations avec les partenaires sociaux, 
auxquels il donnera sa réponse lundi prochain. 
    Premier reçu, le président de la CFTC, Philippe Louis, a 
parlé "d'ouvertures sur des sujets qui nous tenaient à coeur". 
    Il a notamment cité le rôle des branches professionnelles, 
que la CFTC, la CFE-CGC et, du côté patronal, la CGPME et 
l'Union professionnelle artisanale, voudraient voir renforcé. 
    Pour les syndicats, l'idée est qu'en cas d'absence d'accord 
d'entreprise sur l'organisation du travail, par exemple, ce soit 
la branche qui reprenne la main et non le chef d'entreprise. 
    "Cette volonté est, je pense, partagée" par le Premier 
ministre, a déclaré le président de la CFTC, selon qui Manuel 
Valls serait aussi disposé à mieux encadrer les "forfaits jours" 
pour éviter un usage abusif de cette organisation du travail qui 
permet des dépassements des 35 heures hebdomadaires. 
    Selon lui, le Premier ministre est aussi prêt à examiner, en 
cas de licenciements économiques, la situation globale des 
groupes internationaux des entreprises françaises concernées, et 
pas seulement leurs performance en France. 
     
    "BRAS DE FER" 
    De même, l'intégration d'un "compte temps" dans le futur 
compte personnel d'activité (CPA), censé réunir l'ensemble des 
droits des actifs, pourrait être envisagée, a-t-il ajouté. 
    En revanche, Manuel Valls n'envisage pas de retirer le 
plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement 
abusif, comme le demandent tous les syndicats réformistes. 
    "Je ne pense pas qu'il y aura un retrait du barème", a dit 
Philippe Louis. Mais "là, les curseurs peuvent bouger."  
    Force ouvrière (FO) ne veut pas entrer dans ces 
considérations, a confirmé son secrétaire général, Jean-Claude 
Mailly, à l'issue de son entretien à Matignon. A ses yeux, c'est 
la logique du projet de loi le problème : "Je ne négocie pas un 
plat de lentilles, on veut le repas complet."  
    Soit le Premier ministre suspend le texte et "rediscute de 
tout", soit ce sera un "bras de fer", a-t-il dit. 
    Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a lui aussi 
demandé le retrait du texte pour discuter d'un nouveau projet. 
    Manuel Valls "considère que la France doit se mettre au 
diapason des autres pays européens, donc plus de flexibilité 
(...) pour les entreprises", a-t-il dit. "Il n'a pas changé." 
    La CGT, comme FO et plus d'une vingtaine d'organisations de 
jeunes, dont les syndicats étudiants et lycéens Unef, Fidl et 
UNL, appellent à la mobilisation mercredi, puis le 31 mars. 
     
    "ON EXPLIQUE ET ON ÉCOUTE" 
    "Il faut qu'il y ait du monde mercredi dans les rues", a dit 
Philippe Martinez. "Il y a besoin d'une première mobilisation." 
    Les dirigeants syndicaux et patronaux doivent se succéder 
jusqu'à mercredi dans le bureau du Premier ministre. 
    Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, principal 
syndicat réformiste, a déclaré à Europe 1 qu'il n'entendait pas 
"lâcher" sur son refus du barème qui limiterait le montant des 
indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. 
    Il a invité "fortement" le gouvernement à répondre aux 
revendications des syndicats réformistes. "Sinon il y aura une 
mobilisation de la CFDT", a-t-il averti. 
    Myriam El Khomri a fait état devant la presse de "débats 
francs, directs, constructifs" et confirmé que le gouvernement 
était sensible aux propositions relatives au CPA.  
    Le projet de loi a également suscité un tollé dans une 
partie de la gauche, y compris au sein du Parti socialiste au 
pouvoir. Myriam El Khomri a prévu de défendre le texte lundi 
soir devant le bureau national du PS.  
    Le groupe PS à l'Assemblée lui consacrera pour sa part un 
séminaire mardi et entend faire des propositions.   
    Une pétition lancée il y a un peu plus de deux semaines sur 
internet pour demander le retrait du texte a recueilli plus d'un 
million de signatures.   
 
 (Avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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