France-Le gouvernement reste vague sur l'avenir du nucléaire

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    * Une mise en oeuvre renvoyé à l'après-2017 pour le 
nucléaire 
    * Un volet énergies renouvelables beaucoup plus développé 
    * Des organisations écologistes outrées 
 
    PARIS, 28 octobre (Reuters) - La première "programmation 
pluriannuelle de l'énergie" (PPE), publiée vendredi au Journal 
officiel, maintient le flou sur la façon dont le gouvernement 
envisage la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la 
production d'électricité en France. 
    La PPE, objet d'un décret de la ministre de l'Environnement, 
Ségolène Royal, fixe les priorités de l'action des pouvoirs 
publics pour la période 2016-2023, pour atteindre les objectifs 
fixés par la loi d'août 2015 sur la transition énergétique.  
    Attendu depuis des mois, ce document, fruit d'un processus 
d'élaboration laborieux, réaffirme l'objectif d'une réduction de 
la part du nucléaire dans la production électrique française de 
76% en 2015 à 50% à l'horizon 2025. 
    Mais hormis la confirmation de la publication cette année du 
décret d'abrogation de l'autorisation d'exploiter des deux 
réacteurs de la centrale de Fessenheim, il reste très vague sur 
la mise en oeuvre pratique de cet objectif, renvoyée à 
l'après-élection présidentielle de 2017. 
    La fermeture de Fessenheim interviendra au cours de la 
première période de la PPE, c'est-à-dire 2016-2018, lit-on dans 
le volet relatif à l'offre d'énergie. 
    Mais ce volet fixe une fourchette très large de réduction de 
la production annuelle d'électricité d'origine nucléaire, "entre 
10 TWh et 65 TWh" à l'horizon 2023. 
    "Cette réduction sera le résultat de la fermeture de la 
centrale de Fessenheim et de plusieurs paramètres qui seront 
connus au fur et à mesure des visites décennales conduites par 
l'Autorité de sûreté nucléaire", lit-on dans ce document. 
    Ces paramètres sont la baisse de la disponibilité des 
réacteurs en fonction des travaux de maintenance et de sûreté, 
des fermetures et des prolongations de réacteurs, ainsi que de 
l'évolution de la consommation et des exportations d'électricité 
et du rythme de développement des énergies renouvelables. 
    En tout état de cause, précise la PPE, les décisions de 
fermeture de réacteurs, hors Fessenheim, ou de prolongation de 
l'activité de certains d'entre eux, n'interviendront que dans la 
deuxième phase, en 2019-2023. 
     
    TRAHISON 
    Or les sondages prédisent une alternance en faveur de la 
droite en 2017 et des prétendants à la présidence ont déjà fait 
savoir qu'ils reviendraient sur certaines dispositions de la loi 
de transition énergétique s'ils étaient élus. 
    C'est le cas du maire de Bordeaux, Alain Juppé, favori des 
sondages, qui juge "absurde" l'objectif de réduction à 50% de la 
part du nucléaire dans le mix énergétique français pour 
l'électricité et promet de le supprimer. Il assure également 
qu'il annulera la fermeture de la centrale de Fessenheim. 
    Par ailleurs, la PPE fixe notamment à 70% l'augmentation des 
capacités de production d'énergie électrique renouvelable 
installées en 2023 pour atteindre 71 à 78 GW afin de porter 
cette production à hauteur de 150 à 167 TWh. 
    Elle fixe à 2023 l'arrêt définitif de la production 
d'électricité à partir du charbon. La même année, la 
consommation finale d'énergie aura dû baisser de 12,3% (-22% 
pour les énergies fossiles) par rapport à 2012. 
    Le volet énergies renouvelables est beaucoup plus étoffé et 
précis que le volet nucléaire, tant en ce qui concerne ses 
objectifs chiffrés que ses modalités de mise en oeuvre. 
    Les organisation de défense de l'environnement crient à la 
trahison. Ainsi, pour Greenpeace, cette PPE "torpille la loi de 
transition énergétique". 
    Selon cette organisation, la PPE devrait prévoir la 
fermeture de 21 à 23 des 58 réacteurs français d'ici 2023 pour 
tenir les objectifs de réduction de la part d'électricité 
nucléaire. 
    "Au moment où la France se félicite de l'entrée en vigueur 
de l'accord de Paris (sur la lutte contre le réchauffement 
climatique), elle le trahit en renonçant à ses engagements pour 
la transition énergétique", dénonce Greenpeace. 
    "Avec la PPE publiée aujourd'hui, la France, qui a déjà un 
retard considérable sur le développement des renouvelables, 
n'atteindra jamais les objectifs qu'elle s'est fixés", ajoute 
l'organisation écologiste. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Bate Felix et Michel Rose, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • M3866838 il y a 11 mois

    Si l'objectif est de réduire les gaz à effet de serre, développer le nucléaire est la seule bonne idée.