France-Le gouvernement renforce son plan anti-radicalisation

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    * Un plan en 80 points, 40 millions d'euros débloqués 
    * Ouverture de centres anti-radicalisation dans chaque 
région 
    * Doublement de la prise en charge des personnes concernées 
 
 (Actualisé avec mesures, conférence de presse de Valls) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 9 mai (Reuters) - Le gouvernement a présenté lundi de 
nouvelles mesures contre la radicalisation, dont la création de 
centres régionaux dédiés, appelées à compléter les plans lancés 
depuis 2014 pour enrayer un phénomène qui touche quelque 10.000 
personnes en France.  
    Le Comité interministériel pour la prévention de la 
délinquance et de la radicalisation (CIPDR) a entériné 80 
mesures de lutte contre le djihadisme, "sans doute le grand défi 
de notre génération", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls 
lors d'une conférence de presse. 
    Parmi les décisions figure le doublement du nombre de 
personnes menacées de radicalisation prises en charge par les 
autorités et la création d'ici fin 2017 d'un centre 
anti-radicalisation dans chaque région française.   
    Une enveloppe de 40 millions d'euros supplémentaires sur 
deux ans, de 2016 à 2018, est prévue pour financer les mesures 
nouvelles de ce plan de "stratégie globale", qui contient  
nombre de décisions déjà prises ou en cours de mise en oeuvre. 
    Selon des chiffres officiels, à fin avril 2016, plus de 
2.000 personnes en provenance de France étaient allées grossir 
les filières djihadistes en Syrie et en Irak et près de 9.300 
individus ont été signalés pour "radicalisation violente". Dans 
le détail, 7% des signalements ont trait à des départ effectifs 
à l'étranger, 30% à des femmes et 20% à des mineurs.   
    Un premier plan de 22 mesures adopté en avril 2014 avait été 
complété en janvier et novembre 2015 après les attentats 
meurtriers commis à Paris et dans sa région. 
     
    "CONTRE-DISCOURS" 
    La réunion de lundi a entériné la hausse des effectifs 
annoncée dans les services de renseignements, notamment dans la 
Pénitentiaire, où l'on compterait 1.500 détenus concernés par 
l'islamisme radical sur un total de 66.000 prisonniers.  
    Le gouvernement veut aussi doubler en deux ans les capacités 
de prise en charge des personnes menacées de radicalisation et 
leur famille - 1.600 jeunes et 800 familles à ce jour.   
    Est également prévue la création, d'ici fin 2017, dans 
chaque région d'un centre "de réinsertion et de citoyenneté 
dédié à l'accueil de personnes radicalisées ou en voie de 
radicalisation avec hébergement".  
    Une première structure de ce type devrait voir le jour cet 
été en Indre-et-Loire.   
    Le plan reprend des mesures contenues dans la loi sur la 
réforme pénale actuellement en cours d'examen au Parlement 
telles que l'élargissement de la période de sûreté de 22 ans à 
30 ans de réclusion et l'introduction de la possibilité d'une 
perpétuité réelle pour des faits de terrorisme.  
    Parmi les autres mesures figure l'instauration d'un volet 
radicalisation dans chaque contrat de ville et le développement 
de la recherche scientifique sur le phénomène de radicalisation 
afin de proposer des "contre-discours" efficaces.  
    Manuel Valls a ainsi annoncé pour cet automne "un grand 
colloque international avec l'ensemble des chercheurs, de ceux 
qui aujourd'hui construisent une école de pensée, des écoles de 
pensée face à ces phénomènes".  
    Alors que le gouvernement a proposé de prolonger l'état 
d'urgence jusqu'à fin juillet, pour assurer notamment la 
sécurité pendant l'Euro 2016 de football et le Tour de France 
cycliste, le gouvernement veut renforcer la protection de sites 
vulnérables (gares, aérogares, centrales nucléaires, sites 
classés Seveso) contre les malveillances. 
    Le "PNR", registre des données des passagers aériens, 
devrait être opérationnel l'été prochain selon Matignon.  
    Selon les autorités, depuis 2013, trois tentatives 
d'attentats ont échoué et 15 projets d'attentats ont été déjoués 
en France. Sur ces 15, six étaient portés par des individus de 
retour de la zone syro-irakiennne.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • M7163258 il y a 7 mois

    Selon les spécialistes: seulement 20% seraient déradicalisable et sur ces 20 % on ne sait pas combien vont être déradicalisés... Au final de 80 à 99% ne seront pas déradicalisés...